U-Cee, rappeur à l'international

Article publié le 26 septembre 2012
Article publié le 26 septembre 2012
Lorsqu’il évoque sa musique, U-Cee revendique son style hétéroclite. Pour pimenter sa sauce reggae-soul-hip-hop, le chanteur allemand a roulé sa bosse jusqu’à Prague où il vient de boucler l’enregistrement de son dernier album International Call.

« In Egypt they call me German, in Germany they call me Egyptian, when I go to Spain I am one of them, hear me say I am international… » Si l’on en croit les textes de son nouvel album solo International Call (sorti fin juillet 2012 chez Faust Records), U-Cee se sent chez lui à peu près partout. Natif de Ratisbonne, le chanteur se voit souvent estampillé bavarois dans les cercles berlinois. La mère de l’artiste, quant à elle, veille à ce qu’il n’oublie pas ses racines d’Afrique du Nord (tunisiennes côté maternel, égyptiennes côté paternel). Mais pour U-Cee qui se sent « originaire des quatre coins du monde », l’essentiel est ailleurs. Et c’est ainsi qu’en 2008, il délaisse la capitale allemande pour mettre les voiles vers la République tchèque.

Influences multiculturelles

Son dernier opus est un savoureux mélange d’éclectisme. U-Cee s’est en effet inspiré de son passé pluriculturel pour concevoir cet album : une enfance dans un environnement bilingue et de multiples voyages à l’étranger. De plus, il a collaboré avec des musiciens de tous horizons (Espagne, République tchèque, Allemagne, Jamaïque, Sénégal et Martinique) qui, chacun à leur manière, ont laissé leur empreinte sur International Call.

La carrière musicale d’Ussama Soleman débute à l’âge de douze ans dans la ville bavaroise de Ratisbonne. A 15 ans, celui-ci décroche avec son groupe funk/soul de l’époque, UST, un contrat avec Virgin Records. Deux ans plus tard, en l’an 2000, il sort l’album Ruhestörung avec son groupe hip-hop Rundfunk 2 originaire de Nuremberg. Suivent plusieurs projets musicaux comme Soulid Kollective ou Mortal Kombat Sound. Au sein de ces formations, Ussama parvient à conjuguer différents styles et à gommer progressivement les frontières musicales. En 2004, le désormais « U-Cee » intègre le groupe King Banana, dissout en 2008, qui renaîtra de ses cendres sous le nom de U-Cee & The Royal Family. Depuis lors, cette formation, emmenée par U-Cee au micro, se produit sur les scènes européennes.

Prague, le nouvel eldorado

Rapidement, U-Cee se sent à l’étroit sur la scène musicale de Ratisbonne. En 2008, il décide alors de rallier Prague, après plusieurs concerts de King Banana couronnés de succès grâce aux partenariats avec l’Institut Goethe.

Dans la capitale tchèque, U-Cee fait la connaissance de Lukáš Kolíbal, son agent artistique. Peu après son arrivée, le chanteur allemand part en tournée avec United Flavour, un des groupes de reggae tchèque les plus en vogue. En résulte une rencontre avec Djei Gogo, son producteur, et Alexandre Patino, originaire du Sénégal, qui a travaillé avec Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly. En septembre 2011, U-Cee produit son premier album solo, International, en collaboration avec Gogo.

Fruit d’un travail acharné, l’album a été conçu de manière traditionnelle en studio, mais aussi en pleine rue ! « Avec mon producteur, on faisait du jogging dans les rues de Prague tout en chantant mes morceaux », raconte le presque trentenaire. Ces cours de chant citadin, « expérience toute nouvelle » pour U-Cee, ont aidé le chanteur à s’immerger dans son projet musical. Les vidéos de l’album font la part belle à sa ville d’adoption présentée sous un nouveau jour. Pour le single reggae « Sugar », des coins de la ville ont par exemple été filmés à l’aide d’un filtre pour créer une douce ambiance vintage et trancher avec le côté austère de la capitale de l’Europe de l’Est.

Collègues et amis pragois s’accordent à dire que U-Cee s’éclate au travail. Son colocataire Christoph a même emménagé à Prague après ses études pour venir travailler avec lui. Tous deux se sont rapidement sentis à l’aise dans la capitale tchèque. U-Cee est très attaché à l’ambiance unique de la ville et aime être entouré de son cercle amical et artistique. La proximité géographique avec Ratisbonne représente un avantage supplémentaire. « Mais le plus important, c’est l’écho que rencontre ma musique, et c’est ce qui me rend heureux. »

Texte original de Magdalena Wagner

En partenariat avec Jádu, le jeune magazine germano-tchèque en ligne de l'Institut Goethe à Prague.

Photos ©u-cee.com; Vidéos (cc)UCEEOFFICIAL/YouTube