« Turquie et Merveilles »: Saison de la Turquie en France (juillet 2009-juillet 2010)

Article publié le 6 mars 2009
Article publié le 6 mars 2009
Par Vanessa Schmitz Strasbourg, le 5 mars 2009 En écho au « Printemps Français» qui s’est tenu en 2006, en Turquie, Culturesfrance pilote « Turquie et Merveilles » dans le cadre des Saisons Culturelles de l’année 2009. De juillet 2009 à mars 2010, plus de 300 évènements consacrés à la Turquie d’hier et d’aujourd’hui viendront ponctuer la vie culturelle des provinces françaises.
Depuis 1985, Culturesfrance multiplie les partenariats avec les Ministères des Affaires Etrangères de différents pays à la fois dans le cadre de Saisons Françaises à l’étranger mais aussi de Saisons Etrangères en France. Destinées à faire découvrir les différentes facettes des cultures des pays à l’honneur, les Saisons Culturelles permettent de tisser des liens durables entre les communautés artistiques et culturelles impliquées dans le projet. A noter qu’en 2009, l’année de la France se tient au Brésil.

Un programme hétéroclite

Expositions, spectacles, concerts, cycles cinématographiques, colloques et diverses publications mettront à l’honneur la Turquie, un an avant qu’Istanbul n’enfile l’étoffe de Capitale Européenne de la Culture - Istanbul 2010 -. De nombreux festivals, centres d’art et institutions culturelles inviteront des artistes, des écrivains et des personnalités turcs un peu partout en France.

La ville de Lille ouvre le bal le 14 mars 2009, dans le cadre de Lille 3000, avec « Istanbul Traversée », exposition au Palais des Beaux-Arts, consacrée à la mégalopole Turque jusqu’au 12 juillet 2009.

Montpellier Danse présentera, les 1er et 2 juillet au Studio Bagouet, la dernière création des chorégraphes Mustapha Kaplan et Filiz Sizanli, figures de proue de la danse contemporaine indépendante en Turquie. Dokuman est une pièce pour six danseurs, à mi-chemin entre la danse et le mouvement. Un laboratoire d’expérience sur le corps, les sens, les formes qui mêle contemplation esthétique et réflexion philosophique.

Dans la Sarthe, le Festival de Sablé présente le 20 août le spectacle « Müsennâ-Miroirs du Levant », évocation des fêtes du XVIIe au Palais de Topkapi.

Le Musée des Beaux-Arts de Valenciennes dédiera une exposition au père de la peinture orientaliste, Jean Baptiste Vanmour.

A Paris, deux expositions majeures ponctueront cette actualité : « Istanbul au Grand Palais » retracera l’histoire de la ville d’Istanbul tandis que « Splendeurs des sultans, Caftans du palais de Topkapi » et « Izmir-Smyrne antique, portrait d’une citée antique » au musée du Louvre inviteront le spectateur à découvrir les textiles du palais de Topkapi et les fondations d’Ismir, autrefois connue sous le nom grec Smyrne.

A noter également que Paris Cinéma projettera une trentaine de film turc du 1er au 12 juillet et le Festival Paris Quartier offrira un mois de programmation pluridisciplinaire dans tous les quartiers de Paris du 15 juillet au 15 août.

Des enjeux qui dépassent le cadre culturel

A l’heure où les négociations s’intensifient entre l’Europe et la Turquie pour l’adhésion de cette dernière au sein de l’Union, chaque échange entre les deux communautés revêt une dimension toute particulière. Officiellement reconnue candidate à l’adhésion le 10 décembre 1999, la Turquie a satisfait aux critères de Copenhague en 2004 et en 2005 se sont ouvertes les négociations. Son adhésion devient donc théoriquement possible dès 2014. Or, dans l’opinion publique européenne, le refus prédomine : un sondage IFOP rendu public le 4 septembre 2008 indique que 67% des Européens s’opposent à une éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Le rejet est majoritaire dans la totalité des pays sondés et c’est en France que l’on rencontre la plus forte opposition (80% d’opinion défavorable). Cette Saison Culturelle, que Culturesfrance intègre dans un cycle désireux d’imposer une « dominante Europe élargie », émerge à une étape charnière. La Turquie a déployé des efforts sans précédent pour répondre aux exigences des critères de Copenhague. Alors que les freins économiques et politiques semblent se dissiper, la question de la « compatibilité culturelle » se pose avec de plus en plus d’acuité au point de pousser le premier ministre Turc, Recep Tayyip Erdogan, à qualifier l’Europe de « club chrétien ». Un dialogue entre les deux cultures permettrait d’évacuer des tensions palpables. A cette fin, les coopérations culturelles pourraient bien s’attacher faire connaitre une Turquie contemporaine, ouverte et innovante.