Tsipras, le nouvel Ulysse du XXIème siècle ?

Article publié le 1 juillet 2015
Article publié le 1 juillet 2015

L'appel à un référendum en Grèce le 5 juillet prochain relance les doutes quant à une possible sortie de la Grèce de la zone euro, connue sous le nom de "Grexit".

Le Premier Ministre grec Alexis Tsipras serait le digne protagoniste d'une épopée comme L'Odyssée. Vendredi dernier s'est écrit un nouveau chapitre de ce que l'on appelle « la crise grecque », dont le titre pourrait être « Tsipras contre le monstre à 3 têtes » (FMI, BCE, CE). Le dénouement ? Nous le connaîtrons dans les jours à venir.

Dans une manoeuvre pour le moins risquée et qui en a surpris plus d'un, le gouvernement de Syriza a réaffirmé son engagement démocratique avec le peuple de Grèce en publiant l'appel au référendum pour le 5 juillet prochain, qui donnera au peuple grec le premier rôle pour redéfinir leur Histoire, c'est-à-dire pour accepter les conditions proposée par l'Eurogroupe ou pour écrire un nouveau livre dans lequel les politiques d'austérité ne sont pas les bienvenues.

En effet, la Grèce, en tant que berceau de la démocratie (du grec demos = peuple, et cratos = gouvernement), tient un rôle prépondérant dans la sphère mondiale du XXIème siècle, en utilisant les mécanismes prévus pour la participation du peuple.

Rappelons que l'actuel gouvernement grec est arrivé au pouvoir en promettant d'en finir avec les politiques d'austérité. Accepter de manière unilatérale les conditions proposées par ses créanciers reviendrait donc à assumer de perdre sa légitimité. Comme l'a dit Jean-Jacques Rousseau, « la souveraineté réside dans le peuple ». 

C'est pour cela que le gouvernement grec, dirigé par Alexis Tsipras, n'aspire pas seulement à en finir avec les politiques d'austérité qui ont conduit ce pays péninsulaire à une de ses pires crises économiques.

Il prétend également ratifier sa légitimité et son engagement de changer radicalement le cours des politiques économiques mises en place pour combattre les effets de la crise de 2008. Ces aspects, entre autres, ont eu pour résultats une importante réduction du PIB, une hausse notable du taux de chômage et une perte considérable du pouvoir d'achat.

Le dernier mot de tout cela revient au peuple grec qui, sans nul doute, se fera entendre massivement le dimanche 5 juillet prochain, lors d'un référendum qui marquera un avant et un après pour l'Union européenne. Le résultat du vote donnera le ton pour consolider les principes de bases de l'Union : liberté, démocratie, égalité, coopération et solidarité.

Le peuple grec a entre ses mains le pouvoir de s'inscrire dans l'Histoire pour consolider l'Union européenne ou, au contraire, être le point d'inflexion qui ferait qu'une possible sortie de la Grèce ouvrirait la porte à d'autres « eurosceptiques » prêts à abandonner le navire construit il y a presque 60 ans. 

Ce n'est pas sans fondement que Robert Schuman a dit que « l'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble », mais se construira « par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait ».