Trump vs New York : « J'ai pensé à m'immoler par le feu »

Article publié le 19 novembre 2016
Article publié le 19 novembre 2016

Depuis l'élection de Donald Trump, des manifestations s'organisent dans de nombreuses villes américaines, dont New York, où les manifestants se rassemblent pour exprimer leur mécontentement suite à l'élection du nouveau président, sur le pas de sa porte.

Jack, un adolescent du Bronx (New York), porte une pancarte où l'on peut lire « Pas mon président ! Va en enfer ! ». Quatre jours après l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le jeune homme a manifesté sur la Cinquième Avenue de Manhattan, aux côtés de dizaines d'autres New-Yorkais qui refusent d'accepter leur nouveau président. En se dirigeant vers la Trump Tower (la tour de Donald Trump située en plein Manhattan, où il vit, ndlr), certains ont scandé « Non à Trump, Non au Ku Klux Klan, Non à une Amérique raciste ! ».

Une semaine après les élections, des groupes et des évènements apparaissent sur les réseaux sociaux, et sont utilisés comme moteur de la contestation. Les manifestations anti-Trump attirent des centaines de participants en colère, apeurés ou exaspérés, qui n'ont pas la moindre intention de cesser la lutte, et promettent de mener le combat contre le nouveau président sur le pas de la porte de sa propre maison. 

« Les gens ont besoin de comprendre combien c'est grave et terrible ce qui se passe, pour beaucoup d'Américains », remet Jack. S'il n'est qu'un adolescent, il a déja une longue carrière d'activiste derrière lui, pour la cause queer, ou la cause noire. Il considère que Trump n'est pas un bon choix, et se concentre désormais sur les actions d'opposition au nouveau président. 

Willa Cowan-Essig organise et coordonne l'une des manifestations prévue pour le 18 novembre. Comme beaucoup d'autres, elle n'a pas vraiment apprécié le résultat des élections. Elle se tourne aujourd'hui vers Facebook, pour rassembler le plus de monde possible. « J'ai même pensé à m'immoler par le feu », lâche-t-elle. Mais elle a réalisé qu'elle risquait de se faire « descendre par la police » avant même d'avoir pu diffuser son message, alors, à la place, Willa et d'autres activistes ont décidé de se mettre nus pour attirer l'attention. « Ma mère a dit qu'elle paierait la caution si je me faisais arrêter, mais à condition que je m'assurais de ne pas être seule, pour ne pas qu'on m'envoie à l'asile », ajoute-t-elle. 

Willa, photographe freelance et salariée d'un centre ludique pour enfants, fait partie des New-Yorkais qui connaissent des fins de mois très difficiles. « Trop de gens souffrent de la situation actuelle. Personne ne devrait avoir peur pour sa vie, ou pour ses revenus, et pourtant, c'est ce qui se passe pour la plupart des gens », déplore-t-elle. Avec l'élection de Trump, les choses vont empirer pour tout le monde. Selon elle, « même les hommes blancs vont souffrir du manque de protection sociale et d'éducation, et même les hommes riches blancs souffriront de l'économie ».

Les New-Yorkais craignent que les gens soient devenus « suffisants et paresseux » et qu'ils aient perdu pied avec la réalité. « Je pense que les gens, mais aussi les médias, ont déja banalisé Trump. Nous sommes tous devenus insensibles », se lamente Willa. Néanmoins, elle promet de continuer à manifester à l'avenir, sous « différentes formes ».

Pendant sa campagne, Trump a promis d'exiger des musulmans qu'ils s'enregistrent, d'abolir l'Obamacare (loi souhaitée et promulguée par Obama sur la réforme du système de protection sociale américain, ndlr) et de construire un mur à la frontière mexicaine. Il a aussi été accusé d'agression sexuelle par 13 femmes. 

La contestation anti-Trump est apparue juste après l'élection dans des grandes villes comme la capitale, Washington DC, ou Miami, Atlanta, Las Vegas, Philadelphie, Portland, Chicago, Los Angeles, Cleveland, Phoenix et Dallas. Des rassemblements et des veillées ont aussi eu lieu sur des campus d'universités, et des élèves de lycée organisent des interruptions de travail comme moyen d'expression.