Trois jeunes mousquetaires verts au Parlement européen

Article publié le 6 avril 2011
Article publié le 6 avril 2011
par Alice Préat Lors des élections du Parlement européen en 2009, les verts allemands ont adopté une tactique “jeune”. Trois candidats de moins de trente ans. Et ils ont tous obtenu un siège. Jan Philipp Albrecht est le seul homme parmi ces trois mousquetaires.
Il explique qu’il fallait bien qu’il y ait beaucoup de jeunes verts allemands: en tant que grand pays, ils ont plus de sièges et doivent donc compenser le manque de verts d’autres pays. Mais avoir 28 ans au Parlement européen, est-ce faisable ? Portrait.

À peine arrivé, Jan s’est impliqué dans un des gros dossiers du Parlement de ces dernières années, SWIFT, ou l’accord de transfert de données bancaires vers les États-Unis. Ayant étudié le droit international et puis s’étant spécialisé en droit de l’informatique, ce dossier lui allait comme un gant. Il est d’ailleurs membre de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures. Un dossier qui a redoré le blason du Parlement européen, lorsque la première version de l’accord a été rejetée et surtout, fortement médiatisée. « La clé est de parler aux médias à propos du contenu, et pas uniquement des généralités », dit Jan Albrecht, lorsqu’il explique qu’ils ont passé des heures au bureau avec un verre de vin pour trouver un moyen de faire passer le message au public. « Il faut construire le débat européen en expliquant au médias et au public ce qu’il se passe en détail. Pour cela, il faut se concentrer sur quelques débats spécifiques et essentiels. » Toujours est-il que le changement n’est jamais facile. « Nous sommes beaucoup de jeunes verts à essayer de changer certaines choses, aussi minimes soient-elles ». Un exemple ? Du wifi dans l’hémicycle. « Ça paraît rien du tout, mais ça permettrait aux parlementaires de travailler en assistant aux séances plénières. Sinon, il n’y a personne. »

De grandes visions de futur pour ce jeune homme qui est dans le bain depuis ses 15 ans, âge auquel il s’est investi dans le journal de son école. Ce n’a pas duré longtemps ensuite : du journal à la politique locale en passant par l’activisme. Ensuite, il s’agit de grimper les échelons. Du local au régional au national, où Jan a été porte-parole pour le parti pendant deux ans. Ce qui l’intéresse, c’est la protection des données, les libertés civiles, etc. Ces sujets n’étant plus vraiment du ressort des gouvernements nationaux, Jan Albrecht tente sa chance aux élections européennes, et se retrouve donc avec ces deux compagnons d’élections, Franziska Brantner et Franziska Keller, au Parlement européen.