Trieste avec 50 euros

Article publié le 23 août 2007
Publié par la communauté
Article publié le 23 août 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

A la découverte des mille et une facettes d’une ville multiculturelle et particulièrement animée.

Le Grand Canal de Trieste(Photo borzikako/Flickr)

Dix euros pour une soirée « parmi les fous » à San Giovanni

Marco Bellochio leur a consacré un documentaire intitulé Fous à délier (Matti da slegare). Marco Tullio Giordana leur a aussi fait la part belle dans sa grandiose fresque cinématographique Nos meilleures années (La meglio gioventù). Ces deux films nous ont remis en mémoire qu’il y a peu de temps encore, les hôpitaux psychiatriques, véritables lieux de terreur et d’électrochocs, communément appelés asiles, étaient toujours ouverts.

Franco Basaglia fut le premier à se prononcer en faveur de la fermeture de l’hôpital psychiatrique de Trieste, établissement implanté dans la zone de San Giovanni. C'est devenue une attraction touristique. L’éminent psychiatre vénitien eut l’idée de créer une communauté de travail pour les patients, ainsi réadaptés à la vie à l'extérieur. Depuis 1979, une initiative similaire a vu le jour : la Communauté « Il posto delle fragole ». Il gère le bar-restaurant du même nom, situé à proximité des structures psychiatriques, et deux autres hôtels en ville. Selon le même principe, une radio communautaire émet de ce même endroit, Radio Fragola.

Les initiatives ne manquent pas : soirées et concerts avec les étudiants tout au long de l’année, fêtes des cuisines du monde en été, veillées au feu de bois, cinéma de plein air en août… On peut même assister à des représentations théâtrales assurées par une compagnie composée d’acteurs « fous » et créée par un ancien patient de Basaglia : l’Accademia della Follia, autrement dit l’Académie de la Folie.

Ancien hôpital psychiatrique(Photo Simone Campani/Flickr)

15 euros pour un festin dans une « osmiza »

Trieste est une cité-frontière. Davantage prononcée qu’en ville, cette position frontalière, délimitant l’Italie et la Slovénie, se perçoit sur les collines bucoliques (et fraîches !) du Carso. Duino Aurisina, Sgonico, Monrupino, Dolina... Petits villages où prolifèrent les « osmize », ces rameaux accrochés à un poteau par les paysans issus de la minorité slovène. Ces lieux étaient ouverts à l’origine seulement huit jours dans l’année, maintenant ils le sont tout l’été pour faire déguster vins et charcuteries maison. Les incontournables : le vin Terrano del Carso et le fromage trabor.

Osmiza (Photo Simone Campani/Flickr)

10 euros pour faire du shopping dans l’ancien ghetto juif

Ici, à Trieste, on les appelle, dans le joyeux et étincelant patois local, « trapoleri ». Ce sont des revendeurs, ils vendent de tout : du commerce d’antiquités de luxe à celui de vieux meubles mis au rebut ou de livres. Ils sont nombreux dans l’ancien ghetto juif. Et ce justement parce que l’âme commerciale des juifs est encore très prégnante et que ce sont eux qui y gèrent les affaires. A Trieste, ville multiconfessionnelle par excellence, il n’y a pas qu’une synagogue, mais aussi une église luthérienne, une église orthodoxe grecque et une serbe. Elles sont la preuve vivante que les différentes communautés religieuses peuvent cohabiter pacifiquement. Un détour pour les admirer s’impose.

Eglise orthodoxe serbe(Photo Deanz/Flickr)

2 euros pour une excursion en tram jusqu’à Opicina, sur la route Napoléon

Un inoubliable tram-funiculaire gravit la côte – et quelle ascension ! – de la Via Commerciale pour atteindre la petite bourgade d’Opicina. Une splendide promenade avec vue sur la mer, la route Napoléon, conduit à un mur d’escalade. Une promenade facile, praticable été comme hiver, à l’unique condition que le bora, vent qui souffle en hiver sur les côtes de l’Adriatique, le permette.

7 euros pour une visite du château de Duino. Balade sur le sentier Rilke

Le poète austro-allemand originaire de Prague, Rainer Maria Rilke a vécu en Bohème, en Allemagne, en Russie et à Paris. Il disait du château de Duino : « Hiersein ist herrlich » (« être ici-bas est magnifique »). C’est précisément en ce lieu qu’il a composé les bien nommées Elégies à Duino. Tant et si bien qu’on lui a dédié un sentier tout proche, le sentier Rilke. Une des promenades les plus romantiques, surplombant la mer, dans un charmant cadre méditerranéen. Dans le châteause déroulent régulièrement des expositions consacrées à l’œuvre littéraire du poète.

Photo: Simone Campani, Deanz/Flickr