Travailler pour l’UE et échapper à la crise

Article publié le 4 mars 2013
Article publié le 4 mars 2013
Deux fois par an, la Commission européenne offre aux jeunes diplômés l’opportunité de faire un stage de 5 mois (honorablement rémunéré – 1000 euros par mois) au sein de ses services. Alors que le nombre de postes disponibles pour chaque vague de recrutement est stable (1300 environ), le nombre de candidats est en constante augmentation depuis plusieurs années.
Bien qu'il augmente pour tous les pays membres, le nombre de candidats italiens, portugais et espagnols est en pleine explosion.

Les retours des anciens stagiaires sont souvent très positifs. Ils reconnaissent avoir été grisés par les responsabilités qui leur ont été confiées, ainsi que charmés par l’environnement multiculturel dans lequel il leur a été donné d ‘évoluer. Travailler pour l'Union européenne représente effectivement une belle opportunité pour lancer sa carrière, particulièrement pour toutes les générations formées dans le cadre du programme Erasmus, qui sont à l'aise dans les milieux internationaux.

Dans le contexte actuel de difficultés économiques, on observe une progression constante du nombre de candidats. Ainsi, dans les années précédents la crise (2006-2008), les chiffres sont relativement stables (entre 5 903 candidats en mars 2008 et 8 738 candidats en octobre 2006). Les candidatures sont toujours plus nombreuses pour la session d’octobre que pour celle de mars. Ceci est probablement dû au calendrier universitaire, organisé de telle façon que les étudiants sont le plus souvent à la recherche d’un premier emploi à partir de la rentrée suivant la fin de leurs études.

Entre octobre 2012 et octobre 2013, le nombre de candidatures a doublé, passant de 9 060 à 18 690. Alors que ce chiffre impressionne, il est d’autant plus intéressant de noter que les candidatures françaises ou allemandes - notamment - sont restées relativement stables, tandis que les candidatures espagnoles et italiennes doublaient voire triplaient (passant respectivement de 1059 à 2489 et de 1510 à 4177). L'augmentation la plus impressionnante concerne les Portugais, qui sont plus de 2490 à tenter leur chance en 2013, contre seulement 494 l’année précédente (une multiplication par 5 !).

Une bonne nouvelle liée à « la crise » ?

Comment s’explique cette tendance ? Depuis que l’Union européenne est venue au secours des pays européens surendettés, il semblerait qu’elle brille comme une lueur d’espoir pour des citoyens qui peinent à trouver un emploi dans leur pays. C’est particulièrement vrai pour les jeunes générations qui sont à la fois les plus touchées par le chômage et les plus sensibles au projet européen, car elles voyagent, étudient à l’étranger et parlent plusieurs langues.`

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Ce « besoin d´Europe » est d’autant plus surprenant dans ces pays (Italie, Portugal, Espagne) qui ne sont pas historiquement les plus intégrés au projet européen. Néanmoins, il semblerait que l'UE apparaisse désormais comme une solution. Elle représente un employeur sérieux et prestigieux, et un premier pas vers une carrière européenne (au sein des institutions, mais pas que, un passage dans un des services de la commission étant valorisé dans le privé également), et donc dans un milieu qui ne connait pas (ou peu) la crise.

Il aura donc fallu une crise économique et sociale majeure pour que l’UE s´impose dans le cœur des jeunes générations du Sud de l´Europe. Enfin une bonne nouvelle liée à « la crise » ?

Photo : Une (cc) mans_pic/flickr (site officiel)