Transparence : et si les citoyens reprenaient (enfin) la main sur les finances locales ?

Article publié le 5 juin 2017
Publié par la communauté
Article publié le 5 juin 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

EnL’exercice de la démocratie directe, profondément ancrée dans l’idéal politique de la gauche française, doit nous conduire à exiger de nos élus, non seulement une transparence absolue, mais plus encore une inclusion de l’ensemble des citoyen-e-s aux différents projets.  tant que militante insoumise normande et républicaine, jamais élue, mais toujours concernée par l’usage des deniers publics, j’exige une surveillance citoyenne et participative des dépenses locales.

La multiplication des scandales liés à la confiscation des finances locales par certains élus est le signe d’une démocratie malade. Les habitant-e-s des villes, grandes ou moyennes, des villages ou intercommunalités n’ont qu’un droit de regard limité sur les dépenses des élus locaux.

​Pendant trop longtemps, les citoyen-e-s ont accepté de se voir confisquer une partie de leur attribution légitime et souveraine. Dans les grandes villes, l’attribution des logements sociaux fut souvent un objet de scandales et de convoitise. Là où le mal logement progresse, où des centaines de milliers de familles se retrouvent en situation de précarité énergétique, fragilisant leur santé et leur vie quotidienne, certains maires de grandes villes confient des logements sociaux à leurs soutiens les plus fidèles, trahissant ainsi les règles les plus élémentaires du système social. A Paris, jusqu’en 2013, date à laquelle les médias ont exhumé l’affaire, une dizaine d’élu-e-s, de « gauche » (PS) comme de droite, bénéficiaient de logements sociaux. L’enquête du journal d’investigation Médiapart eut ainsi le mérite salutaire de mettre à jour l’un des plus grands scandales de la ville de Paris, mettant fin à une pratique abusive et scandaleuse.

​Autre secteur sensible, les parcs d’attraction représentent aussi des sommes d’argents colossales gaspillées, au mépris de l’intérêt des habitants d’un territoire. A Calais, l’histoire est ubuesque. Selon le magazine Marianne, la maire sarkoziste de Calais, Natacha Bouchart, connue pour ses positions radicales et xénophobes, avait confié à Yann Trann Long, marqué par ses accointances affichées avec la mouvance la plus violente de l’extrême-droite nationaliste, le masterplanning d’un parc de loisir. Plus tragique encore, cet –ancien ( ?)- militant néonazi, possédait une société (et surement des millions cachés) à Hong-Kong, connu pour système fiscal particulièrement … avantageux. En Normandie, c’est Didier Peralta, alors vice-président de la communauté Caux Vallée de Seine en charge du pôle qualité de vie, tourisme et développement durable, qui fut mis en cause par la presse locale dans la construction d’un parc d’attraction. Le coût global du parc fut de 30 millions d’euros, pour des retombées insignifiantes. Cet argent n’aurait-il pas été mieux investi dans des projets sociaux, scolaires ou réellement culturels, à destination des populations les moins favorisées de la localité ? L’engagement des citoyens face aux grands projets inutiles et imposés, comme à Notre-Dame-des-Landes ou au Grand Contournement Ouest (GCO) à Strasbourg, a permis de retarder et de créer une résistance citoyenne puissante face aux délires d’élus locaux ou nationaux.

​Plus récemment, ce sont les parcs éoliens qui furent au centre de l’attention des médias. En Normandie notamment, les « prises illégales d’intérêts » sont désormais courantes. L’ingérence des élus dans les processus décisionnaires renvoie parfois même à des situations de corruptions avérées. Alors même que le développement des énergies alternatives constitue un outil précieux de sauvegarde de notre environnement et de notre écosystème, l’usage abusif qu’en font les élus représente une menace pour ces projets pourtant essentiels.

​Sans vaste mouvement d’ampleur, né d’une colère citoyenne face aux grands projets inutiles et imposés, certains élus locaux continueront de confisquer, pour leur intérêt propre, une partie de l’argent public, sans considération du bien public ou des besoins de chacun-e-s.