Toutankhamon ressuscité à Bruxelles

Article publié le 30 août 2011
Article publié le 30 août 2011
Par Grégory Salomé L’exposition « Toutankhamon – son tombeau et ses trésors », qui se tient jusqu’au 6 novembre à Bruxelles Expo au Heysel, se propose de recréer le tombeau en taille réelle du célèbre roi, découvert en 1922 par Howard Carter. Toutankhamon fut le dernier roi de la prestigieuse 18ème dynastie, fils d’Akhenaton.

Un projet audacieux

Ce sont les ambitions de Paul Heinen, designer et développeur de projets allemand (il a notamment participé à l’élaboration de la Biosphère de Berlin et de l’Aquatania sur l’île de Sylt), qui ont permis de concrétiser cet événement. Dans le même esprit que ces réalisations grandioses, il se met en tête un jour de reconstituer le trésor de Toutankhamon dans son intégralité. Sa rencontre avec l’artiste Wulf Kohl en 2002 fut décisive. Vivant au Caire depuis 30 ans et formé à l’art et à l’artisanat de l’Egypte ancienne, ce dernier informa Paul Heinen de l’existence d’ateliers dans le pays qui recréent les objets d’art de l’époque pharaonique. Suite à leur visite d’un studio cinématographique au Caire, où fourmillaient par dizaines des décors et des objets égyptiens, les deux protagonistes prennent le pari de reconstituer à taille réelle le trésor de la tombe du roi par le recours à des répliques. Aidés par une équipe de spécialistes ainsi que par les sponsors, ils connaissent un succès prodigieux avec la première exposition au Toni Areal à Zurich en 2008 qui en inaugure bien d’autres en Europe.

Le concept

Plusieurs motifs ont poussé les concepteurs à faire le choix de répliques plutôt que d’originaux : tout d’abord, le tombeau du roi n’est pour le moment pas accessible au public (en cours de restauration), de même, les objets qui en sont issus – tous visibles au Caire – ne sortent que très rarement du pays, du fait de leur fragilité et du coût astronomique des assurances. Enfin, le fait de présenter des répliques, qui sont d’ailleurs parfaitement identiques aux pièces originales et non protégées par de vitrines, offre aux visiteurs le privilège de voir au plus près leurs détails. Les artefacts ont été confectionnés par des artisans du Caire au sein de l’Ecole des Beaux-arts. La conservation des archives de Howard Carter au Griffith Institute a aidé à recréer en 26 mois ces 1000 répliques, qui sont toutes à taille réelle, en bois doré et en résine synthétique. Leur parfaite similitude avec les objets d’origine est la condition de leur réussite. Recréer le plus fidèlement possible la tombe de Toutankhamon, grâce à une scénographie moderne, voilà l’idée des concepteurs du projet. Le parcours permet de voir les œuvres les plus représentatives de la tombe, dont les fameux sarcophages et le masque en or du roi. Sont également reconstituées l’antichambre, la chambre funéraire et la salle du trésor. Tout au long de la visite des panneaux explicatifs permettent d’en savoir plus sur les grands thèmes de l’Egypte ancienne et sur la vie de Toutankhamon (momification, art, religion…).

Une dimension internationale

Outre la collaboration pleinement réussie entre les différents acteurs de l’exposition : artisans-créateurs du Caire, égyptologues, concepteurs du projet, cet événement, dit « itinérant », est déjà connu dans une grande partie de l’Europe. En effet, pas moins de sept villes – Hambourg, Zurich, Budapest, Barcelone, Madrid, Cologne et Manchester – abritent successivement les objets de Toutankhamon, attirant 2 500 000 curieux. Prochaine étape de l’exposition : Francfort, à partir du 19 novembre.

Alors, prêts à percer le mystère de Toutankhamon ?

Informations pratiques :

http://kingtutbrussels.be/web/