Tout va très bien Messieurs les Présidents !

Article publié le 2 mars 2012
Article publié le 2 mars 2012
Par Aris Kokkinos, Léna Simon, Nathalie Jusseaume Photo Leonora Baumann La décision la plus importante de ce sommet est la réélection du Président du Conseil européen, affirme non sans humour Herman Van Rompuy. Fidèle à son optimisme, il s’est dit satisfait du « team spirit » qui a régné au long des discussions.
Pour preuve, le Conseil a parlé d’une seule voix dans plusieurs domaines : l’octroi du statut de candidat à l’adhésion de la Serbie, et les cas de la Syrie, de l’Iran, de la Biélorussie.

Dans cette ambiance positive, le Traité de stabilité a été signé ce vendredi par 25 des États membres. Tout n’était pas rose pour autant… Les négociations concernant la zone Euro ont été annulées sur initiative allemande. En cause, le plafond de 750 milliards d’euros du Mécanisme Européen de Solidarité qui sera rediscuté d’ici la fin du mois.

Au programme, le Traité prévoit de renforcer la discipline budgétaire des États membres de la zone Euro. Son objectif ultime est de rétablir la confiance dans l’Eurozone ce qui, on l’espère, relancera l’économie, la croissance et l’emploi. La règle de l’équilibre budgétaire introduite dans le nouveau traité devrait permettre de rétablir cette confiance tant attendue, afin d’éviter que la crise actuelle ne se renouvelle. Le principe de cette règle implique un équilibre entre la solidarité et la responsabilité des États membres.

L’autre grand volet des discussions concernait la politique extérieure de l’Union européenne. Au menu, la situation tragique en Syrie, les relations tendues avec l’Iran, la nécessaire transition démocratique en Biélorussie ainsi que la préparation des prochaines conférences mondiales, G8, G20 et Rio +20. Concernant la Syrie, le Président Van Rompuy affirme qu’il n’est pas possible de laisser les choses en l’état. Il se dit horrifié de la situation et rappelle que l’Union fait son maximum pour trouver une solution à ce conflit. La responsabilité du statu quo incombe, selon lui, à deux des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies : la Russie et la Chine. Par ailleurs, sur Rio +20, le Président Barroso a insisté sur le maintien du rôle de leader de l’UE en matière environnementale.

Les grands principes affirmés lors des Conclusions du Conseil européen ont été questionnés par les journalistes. Stijn Vercruysse, de la télévision flamande VRT, a constaté l’autosatisfaction des deux Présidents dans une actualité sociale pourtant compliquée. Comment l’Europe compte-t-elle appliquer ses mesures ambitieuses ? S’agit-il de décisions concrètes ou de méthode Coué ? Peut-être les deux, l’avenir nous le dira… Finalement, quelle est la valeur ajoutée de ce Conseil européen ? Sans doute constitue-t-il une étape importante pour le regain de confiance dans l’économie européenne. C’est ce qu’Herman Van Rompuy appelle « un sommet sans drame ».