The Hives : « L'Europe s'est comme rapetissée »

Article publié le 17 janvier 2013
Article publié le 17 janvier 2013
Depuis plus de quinze ans, le groupe suédois de garage rock s'impose comme l'un des plus stimulants en termes de performance live. Habillés en noir et blanc et chantant en anglais, ils ont charmé dans la nuit de dimanche une foule internationale réunie à Bruxelles. Interview avec trois des cinq membres : Chris Dangerous, Dr Matt Destruction et Nicholaus Arson.

Le groupe se compose de Howlin’ Pelle Almqvist (le chanteur), Chris Dangerous (à la batterie et aux percussions), Dr Matt Destruction (le bassiste), Vigilante Carlstroe et Nicholaus Arson (les guitaristes). Tous les cinq sont originaires de Fagersta, petite ville suédoise de seulement 11 000 habitants. Ils se sont bâtis une forte notoriété en Europe grâce à leur incroyable confiance en eux, leur style qui sait sans cesse se renouveler, et les costumes monochromes qui les caractérisent (surtout depuis la sortie de leur dernier album, Lex Hives en 2012, ndlr). Après une petite balade dans les coulisses labyrinthiques de l'Ancienne Belgique, lieu du concert de cette nuit, je me suis retrouvé devant Chris, Matt et Nicholaus. Interview.

cafebabel.com : Comment se sont passées vos fêtes de fin d'année ? Êtes-vous rentrés voir vos familles à Fagersta ?

Chris : Oui, Nicholaus et Matt vivent toujours là-bas, alors que nous autres, on s'est un peu éparpillés. Mais ça a été pour nous un moment de réunion familiale, avant notre départ pour l'Australie.

Matt : On a cuisiné du jambon et du hareng, du hareng mariné, on a bu du Schnaps...

cafebabel.com : Lors de moments comme celui-ci, dans une ville telle que Bruxelles, avez-vous le temps de profiter de l'endroit où vous êtes ?

« L’Europe est plus égalitaire de nos jours »

Chris : En fait on a eu un jour de repos hier, alors avec Matt et Nicholaus, on est retournés en Suède pendant une vingtaine d'heures. Je crois que les autres sont restés dans le bus, ou à l'hôtel, et n'ont presque rien fait. On a la tête comme une enclume parce que ça fait un bout de temps qu'on est en tournée (trois semaines au moment de l'interview – ndlr). Donc je n'ai rien fait aujourd'hui. Je suis allé à l'aéroport, me suis fait conduire jusqu'ici, ai procédé au test son.

cafebabel.com : Lorsque vous avez du temps libre, qu'aimez-vous faire dans une ville étrangère ?

Chris : On essaie de voir autant de choses que possible, tant qu'on a assez d'énergie. J'ai un vélo avec moi pendant mes tournées, j'en fais beaucoup. Les autres aiment bien aller se balader à pied.

cafebabel.com : Votre groupe est né il y a presque vingt ans. Avec tout ce que vous avez vu pendant vos tournées, diriez-vous que l'Europe est plus diversifiée aujourd'hui, ou bien qu'elle l'est autant qu'avant ?

Chris : Quand on a commencé nos tournées en 1998, l'Europe était vraiment plus diversifiée qu'aujourd'hui. Maintenant je peux même trouver de la nourriture végétarienne en France, et parler aux gens d'une façon inimaginable autrefois.

En ce sens, l'Europe s'est comme rapetissée, toutes les cultures se mélangent un peu plus aujourd'hui. On était plus jeunes à l'époque et on n'est jamais allés dans ces pays. L’Europe est plus égalitaire de nos jours.

cafebabel.com : Quels sont les pays ou villes d'Europe que vous préférez, et pour quelles raisons ?

Chris : On a fait des shows vraiment très bons en France, en Espagne, en Belgique et en Allemagne. La Norvège est un putain de beau pays. Ce que je veux dire, c'est que vous pouvez faire des supers concerts partout. C'est comme faire une tournée aux États-Unis : là-bas on va d’États en États, ici on va de pays en pays. Je ne peux pas vraiment dire que je préfère un pays européen plutôt qu'un autre.

cafebabel.com : Y a-t-il un endroit où vous n'êtes jamais allés mais que vous rêvez de voir ?

Nicholaus : Les pays d'Europe de l'est. On n'a jamais joué en Roumanie, en Bulgarie... La Grèce est un pays où j'aimerais vraiment aller, parce que depuis nos débuts ou presque, on reçoit plein d'e-mails de fans grecs qui nous demandent de venir.

Chris : Il paraît que la scène punk d'Athènes est énorme. Mais on n'y est jamais allés, c'est vraiment dommage.

cafebabel.com : J'ai vécu en Suède pendant un an et demi, et j'ai été impressionné par la façon dont les gens s'habillent là-bas, en particulier à Stockholm. Ils sont toujours très élégants. Est-ce que cette caractéristique culturelle explique aussi en partie pourquoi vous êtes toujours si bien habillés sur scène, dans vos costumes noir et blanc ?

Chris : On imagine souvent les Italiens de cette façon (rires). On aime juste avoir l'air bien quand on joue. On veut être bien habillés pour le concert qu'on va donner, on fait attention à notre look et à ce qu'on dégage, on est là pour divertir les gens. On ne voit pas l'intérêt d'être mal fringués, ce n'est pas notre truc.

Lire l'interview complète (en anglais) des Hives sur le blog officiel de cafebabel Bruxelles.

Photos : Une © MDW; Texte : courtoisie de © The Hives