Syrie : quel rôle joue l’Iran ?

Article publié le 19 mai 2016
Article publié le 19 mai 2016

Quelle est l’étendue des forces militaires iraniennes en Syrie ?

Selon le général rebelle de l’Armée syrienne libre, Mithkal Albtaish, « C’est malheureusement le régime iranien qui gouverne la Syrie militairement (1) et, en cas de besoin, s’appuie sur le droit de veto de la Russie pour peser sur les décisions internationales. La résolution de la crise passe par la fin de l’intervention de Téhéran. »

Il ajoute que le peuple syrien n’a rien à voir avec le courant extrémiste évoqué par les médias contrôlés par le régime d’Assad, et que les groupes extrémistes de Syrie sont tous créés par le régime iranien. Le régime d’Assad essaye de tromper l’Occident et de s’attirer ses bonnes grâces en lui « vendant » un extrémisme syrien.

En outre, les forces de Gardiens de la révolution et des milices chiites supplétifs ne s’engagent pratiquement pas dans des zones occupées par Daech, mais s’attaquent aux autres groupes rebelles.

Un récent rapport du CNRI révèle que le CGR (Corps des gardiens de la révolution) a pris le contrôle militaire du pays et l’organise en cinq régions, car l’armée syrienne est tellement affaiblie qu’elle ne peut pas protéger les régions du pays sous le contrôle du régime de Bachar al-Assad. Ce rapport, accompagné de photos prises par satellite, expose pour la première fois l’organisation exacte du CGR en Syrie.

Le principal centre de commandement du CGR s’appelle « Glass House » et se situe à proximité de l’aéroport de Damas. Les forces du CGR arrivent par avion à cette base en Syrie puis poursuivent leur chemin vers d’autres destinations. Entre 500 et 1000 gardiens de la révolution se trouvent en permanence à la base.

La garnison Shibani (Imam Hussein Garrison): se trouve dans la région du même nom, entre la capitale et la région Zabadani. Elle abrite actuellement 3000 hommes du CGR.

Le CGR se divise ensuite entre le front sud (base 18000, base Yarmouk et base Izra), le front de l’Est (3ème base CGR et base militaire aérienne T4), le front nord (base de commandement opérationnel d’Alep, base Mojanzarat, base de la 47ème brigade blindée et base de la ville Mayer) et le front côtier (Camp Tala’e – Camp Chabiha).

Au total, le nombre des forces du régime iranien en Syrie est estimé à plus de 70 000 et les mercenaires du régime iranien sont plus nombreux que les forces d’Assad.

Rohani a confirmé cette implication dans un récent discours : « Aujourd'hui, les gardiens de la révolution sont sollicités pour assumer la sureté des pays qui nous la demande, ils y sont présent avec beaucoup de courage et conviction pour défendre les lieus saints en Irak et en Syrie, comme pour défendre  les oppressés au Liban, en Palestine et en Afghanistan et dans les autres pays qui nous font la demande. »

Même si le conflit en Syrie est un sujet récurrent de la presse occidentale, cette dernière parle très peu de l’implication et de la responsabilité de Téhéran.

Quelle est la cible principale ?

La cible principale du régime iranien est la ville d’Alep, comme en témoignent les renseignements recueillis par le réseau de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) à l'intérieur du régime des mollahs. Le plan d’offensive contre Alep a été conçu et exécuté par le CGR, et aucune force de l’armée syrienne n’a été présente dans la région. D’après l’OMPI, « Les bombardements aériens inhumains d'Alep au cours des deux dernières semaines par l'aviation syrienne et russe, qui ont fait des centaines de morts parmi la population civile, ont été réalisés dans le but de permettre aux forces du CGR et de leurs mercenaires d’avancer vers Alep. »

Malgré les atteintes au CGR, en particulier la mort du général de brigade du CGR, Khamenei a ordonné au CGR de ne pas se retirer de la région et a doublé ses effectives en Syrie, puis lancé une offensive en mars 2016 causant de nombreuses pertes humaines, y compris des commandants du CGR et ses troupes, des soldats de l'armée régulières iranienne et des mercenaires étrangers en provenance de l’Irak, du Liban et de l’Afghanistan. 

Pourquoi une telle implication ?

Cet engagement n’est pas un signe de force mais démontre l’inquiétude grandissante du régime iranien de voir Bachar Assad s’effondrer. En dépit de ses nombreuses tentatives, l’avancée du régime iranien en Syrie continue de stagner.

Quel espoir pour la Syrie ?

Même si de nombreux groupes d’opposants ont pour objectif commun de faire chuter le régime d’Assad, la plupart soutiennent la Syrie uniquement avec des mots et non des actes concrets.

La communauté internationale soutient l’opposition en apportant une aide alimentaire et médicale et de petites quantités de munitions, alors que l’Iran et la Russie disposent de tout l’armement nécessaire, même des armes interdites par la loi internationale.

La communauté internationale doit insister pour que le régime syrien accepte des négociations sérieuses basées sur les décisions de la conférence de Genève si elle souhaite que la paix soit instaurée en Syrie.