Suuns : dans l'orbite du groupe canadien

Article publié le 23 juillet 2016
Article publié le 23 juillet 2016

Les quatre membres de Suuns, une bande de rockers électroniques du Canada, se sont produits pour la seconde fois au festival de Dour cette année. Liam, le batteur du groupe, nous a raconté lors de notre entretien leur folle histoire. Après une tumultueuse tournée européene en 2015, le groupe est de retour en Belgique pour mettre le feu sur la scène des festivals. Saisissez vos lunettes !

Canada, Grande Bretagne, Liban... une tournée où le soleil ne se couche jamais. Le tout nouvel endroit pour se baigner dans les rayons ? Le festival de Dour, en Belgique, le lendemain d'un concert aux Pays-Bas. Avant qu'il ne parte au festival, cafébabel Bruxelles a eu la chance de rencontrer Liam O'Neill, le batteur du groupe. 

Il s'empresse de donner son avis : « Le rythme effréné fait partie de la vie en tournée. Les gens pensent que la vie d'un musicien est synonyme de fête mais la plupart du temps, nous voyageons ».

Montréal, un puits de talents

Malgré le nom astral du groupe, celui d'origine était plus terre à terre : « Zeroes ». Mais, à en croire Liam, ils ont décidé de changer leur nom après un contrat signé avec une maison de disque, en raison de problèmes de copyright. « Aussi absurde que cela puisse paraître, nous avons traduit "Zeroes" en plusieurs langues et nous avons trouvé que la traduction Thai correspondait le mieux. En l'occurence, Suuns. »  De multiples langues ? Cafébabel aime ça.

Quand ils ne sont pas en train de parcourir le monde, la résidence officielle du groupe est à Montréal. « Mais je ne suis jamais là », avoue Liam. « Ceci dit, c'est l'adresse de ma boîte mail. »

L'Europe a récemment expérimenté la démocratie directe. Montréal fait partie du Québec, une région du Canada qui a organisé une longue série de référendums sur l'indépendance vis-à-vis  du pouvoir central, le dernier ayant eu lieu en 1995.

« En général, c'est assez équilibré », soutient Liam, interrogé sur le Montréal d'aujourd'hui. « Le Français est la première langue mais l'Anglais a une place particulière. Au quotidien, certains  sont plus bilingues que d'autres mais globalement, les cultures semblent très bien cohabiter. Je pense que c'est une des raisons pour lesquelles de nombreux groupes anglophones s'installent à Montréal. C'est une petite scène qui interagit avec la ville. C'est une sorte de marmite à pression de talents. »

L'Europe, un chaudron en ébullition

Au-delà d'une suite de destinations en tournée, qu'est-ce que l'Europe répresente pour le batteur de Suuns ? « De nos jours ? (rires) Un chaudron bouillant ! » Le groupe a voyagé en France et en Belgique, tout juste une semaine après les tragiques attaques terroristes à Paris, y compris au Bataclan.

« Nous sommes allés en Belgique, où était fermé. Nous avons donné un spectacle à Leuven mais personne n'est venu car tous étaient restés chez eux. C'est une chose de lire les actualités mais d'avoir été dans cet environement, de ressentir ce genre de climat, c'est autre chose. »

À Paris, lors du concert, le malaise du public était palpable. C'était très intense. C'était « très dur », explique Liam. Les gens étaient inquiets. Ils ont joué à l'Institut du Monde Arabe. « Les gens sont venus au spectacle, mais j'ai eu le sentiment que beaucoup de spectateurs avaient du mal à sortir et s'amuser. C'est bien que beaucoup de gens soient venus. Pour cette raison, c'était un concert spécial. »

« Beyrouth? La même impression qu'à Paris »

Suuns s'est produit à Paris avec Radwan Ghazi Moumneh, leur ami et directeur, qui a des racines libanaises. C'est au nom de cette amitié qu'ils ont chanté à Beyrouth. « Je ne savais pas à quoi m'attendre car beaucoup d'amis m'avaient dit que Liban avait des antécédents d'instabilité, au même moment où Daech était au centre des débats et occupait des territoires au nord du Liban. »

Liam a joué la prudence car il n'avait jamais visité cette partie du Monde mais ses amis libanais lui ont conseillé les endroits à visiter et surtout à éviter. « Généralement, j'étais surpris du froid de la ville, c'était comme à Paris. Vous buvez des coktails dans un bar, où les murs sont criblés de balles... mais ils aiment faire la fête ! »