SUPER HEROS OU SUPER VILAINS ?

Article publié le 18 janvier 2008
Publié par la communauté
Article publié le 18 janvier 2008
A chaque fois qu’arrive la fin de l’année, je me pose la même question: qu’est-ce qui a été le pire durant l’année écoulée ? Est-ce l’année en elle-même, ou plutôt certains films que j’ai eu la malchance de voir dans l’année ?
La conclusion à laquelle j’aboutis, c’est que pour cette année, ce sont en grande partie les films qui nous ont été proposés qui remportent “la palme", et j’attribue en partie cette estimation négative aussi bien aux succès rencontrés par certains de ces films qu’aux échecs que d’autres ont connu. Peut être bien qu’au souvenir d’une séquence déchirante, vue au cinéma pour combler une après-midi dominicale pluvieuse, nous avons eu l'impression que l'ensemble aurait pu être encore pire. Peut-être encore que cette comédie visionnée le lendemain de cette déception mémorable, nous aura fait passer un jour meilleur. Peut-être enfin que ce dialogue, entre les deux principaux personnages du film, sur la plage et à la tombée du jour, aura eu l’effet de nous arracher à l’endormissement le plus complet. Le pire film de 2007, , est un bon exemple de cette symbiose dont je vous ai parlé au début de ma chronique. Désolé, mais vous allez devoir souffrir autant que moi, c’est de bonne guerre, et je vous en propose donc ici un résumé (avec musique de beauf y compris) du film le plus dévastateur qui ait vu le jour en cette défunte année (qu’elle repose en paix à présent...). Enfin il est toujours permis de voir les choses du bon côté : au moins vous n’aurez pas à voir le film en entier.

Adios 2007 « Les 4 fantastiques et le Surfeur d’argent »

Et ce qu’il y a de bouleversant dans ce film, c’est la ressemblance troublante avec la réalité. A l’évidence, la pathétique Torche Humaine est la copie conforme du plus grand de tous les cow-boys de l’ouest: George W. Bush en personne, qui brûle tout ce qu’il touche grâce aux supers pouvoirs de pyromane dont il est doté. Il a brûlé l’Afghanistan, quant à l’Irak, il l’a mystifié. Espérons au moins que les yankees, qui vont être appelés à se prononcer par la voix des urnes en 2008, ne demanderont pas au parti républicain d’en faire un remake en Iran ou en Syrie, par exemple. Le personnage invisible de Jessica Alba me fait penser tout à fait à Ban Ki-Moon, non pas à cause de ses très jolis seins ni de par sa démarche efféminée, mais plutôt en raison de sa capacité de disparaître et de se rendre invisible au moment où l’on a le plus besoin de lui, comme lors de la Conférence de Bali sur le changement climatique, ou lorsqu’il s’agissait de condamner l’assassinat de Benazir Butto, pour donner des exemples récents. Personne ne pourra sérieusement prétendre que Hugo Chavez n’est pas le calque de « La Chose », puisque sa tête semble aussi dure et possède les mêmes traits carrés. Ses ambitions socialistes se heurtent aux amitiés dangereuses auxquelles il est obligé de se lier en chemin, telles que l’homophobe iranien ou l'anormal nicaraguayen. Et pour finir, mais à mettre en première position au chapitre des ressemblances, il ne fait aucun doute que Mr. Fantastique est le calque qu’il faut attribuer à Nicolas Sarkozy, puisque grâce à ses super pouvoirs élastiques, est capable d’étendre les bras à l’infini afin de sauver l’humanité toute entière, comme lorsqu’il libère des otages au Tchad et en Colombie, alors que dans le même temps il se montre capable de sauver la France tout entière de la mémoire de 68, et pour finir, et tout ça, cerise sur le gâteau, tout en faisant l’amour avec . Un vrai surhomme s’il en est un, dont la vraie vie (et celle de tous les français) semble avoir été élaborée par un groupe de scénaristes américains en grève.

SupersarkoSupersarkoCarla Bruni

Quels artistes admirables que nos hommes politiques ! Ils sont en fait de véritables acteurs nés, et sans ni même avoir besoin de répéter ils ont su nous concocter un film encore plus désastreux que celui que nous avions vu au cinéma. Malheureusement, ce film raconte l’histoire de nos vies à tous, et pourtant, nous nous sommes faits royalement entuber au niveau du prix d’entrée pour assister à la projection. Petite touche d’ironie : le film que j’estime être le meilleur à avoir vu le jour en 2007, ne met en scène aucun acteur en chair et en os. Dans , la protagoniste principale, c’est l’illusion et la joie d’une petite fille dessinée sur du papier, en noir et blanc, dont le seul souci est d’arriver à être heureuse au milieu des bombes, de ses amis d’enfance, des problèmes d’immigration et de rejet, et de l’amour des siens.

“Persépolis”

J’espère simplement qu’en 2008, on nous racontera plus d’histoires dessinées sur papier, et moins d’histoires de super héros.

Traduction : Pierrick Lefort