Spiritisme : de la Bible à Hollywood, science ou fiction ?

Article publié le 23 décembre 2010
Article publié le 23 décembre 2010
Convaincus de l'éternité des âmes, les spiritistes vont au-delà des clichés et de la peur pour explorer l'espace mystérieux situé entre la vie et la mort. Ils suivent par là une tradition qui remontent aux Egyptiens, au Veda indien et à la propre Bible, un catalogue d'évènements « paranormaux ».
Glissons-nous vers l'inconnu avec le guide adéquat : Salvador Martín, président de la Fédération Spiritiste Espagnole.

Molly Jensen et Sam Wheat vivaient un amour brûlant jusque  la mort ne les séapre. Ayant été assassiné, Sam tentait en vain d'entrer en communication avec sa bien-aimée. Par sa médiation, Oda Mae Brown leur a permis de se dire au revoir à la fin du film Ghost, le film qui a éveillé la curiosité du grand public sur le spiristisme. « Beaucoup de films abordent la réalité du médium dans le fond, mais rarement dans la forme. Le sixième sens et Ghost ressemblent en grande partie à la réalité des personnes qui se dédient au spiritisme », explique Salvador Martín, président de la Fédération Spiritiste Espagnole à cafebabel.com(FEE), un groupe d'association qui divulgue une philosophie spiritiste à travers des activités d'études, de séminaires et de congrès.

Le spiritisme, une science ?

Avant de s'investir et de diffuser le spiritisme, il a étudié la linguistique et la pédagogie. Il avait coutume de dire que son nouveau nom Allan Kardec était tiré d'une vie antérieureSalvador Martín tente de relativiser les clichés et superstitions qui tournent autour du spiritisme : « C'est une science d'observation. Elle se concentre sur l'origine et le destin des esprits. Elle s'occupe de la communication avec eux, et de leurs expériences se profilent des conséquences philosophiques et morales profondes. » Le spiritisme commence par Le livre des Esprits écrit par le Français Allan Kardec en 1857, dont l'influence a diffusé les pratiques du spiritisme en Europe, aux Etats-Unis et surtout au Brésil.

Le spiritisme a toujours fait l'objet de polémiques. En Espagne, les Cortes ont débattu en 1873 sur un projet de loi qui visaient à instaurer l'enseignement du spiritisme dans les études secondaires : « Il y avait des milliers de centres spiritistes dans tout le pays avant la guerre civile, raconte Salvador Martín, mais ils ont presque tous disparus avec la dictature. Le germe du paranormal apparaît dans l'être humain car il est avant tout un esprit. Depuis que l'homme est homme il a pu maintenir le contact avec ses semblables. Dans les livres religieux, du Veda aux textes égyptiens en passant par la Bible, la médiumnité est présente, non pas comme un miracle mais comme un ensemble de lois naturelles toujours méconnues. »

Y-a-t-il une vie après la mort ?

« Les preuves d'une vie après la mort sont très nombreuses et il n'y a pas eu jusqu'à aujourd'hui une seule preuve qui va dans le sens inverse. Si la réincarnation existe, il y a évidemment une vie après la mort. Des universités comme celle de Virgnie se démarquent pour ses milliers de cas, prouvés et démontrés, de souvenirs de vies antérieurs chez les enfants. Ces études ont présentées des caractéristiques comme lesbirthmarks, marques de naissances qui correspondent aux blessures de la dernière réincarnation : des rapports de légistes le prouvent. »

Bande-annonce du film "Le Sixième Sens" (M. Night Shyamalan, 1999) Les spiritistes sont aussi organisés au niveau international comme  le Conseil Spiritiste International, créé en 1992. Des physiciens comme Mario Bunge dénoncent la superstition ou « pseudo-science » de cette organisation et l'Eglise catholique l'a condamnée à de nombreuses reprises bien qu'elle reconnaisse la possibilité de rentrer en contact avec les esprits.

Imaginaire, peur et clichés

Même s'il est conscient du voile de fraude et de peurs irrationnelles qui entoure la pratique, Salvador Martín considère que le spiritisme est une discipline aussi valide que n'importe quelle autre science : « La magie et les mensonges ne font pas partie du spiritisme. On les trouve chez les personnes qui usent la médiumnité pour leurs propres intérêts économiques, ou qui en font tout bonnement mauvais usage. En général, celui qui reçoit cette faculté n'en fera pas usage à cause des préceptes imposés par la religion. Mais même avec ces freins, le médium ne peut échapper à son don naturel et celui-ci se manifestera en fonction de l'usage et de l'expérience qu'il pourra acquérir. Dès qu'on aura su se libérer de nos préjugés, de nos idées préconçues et de notre ignorance, le paranormal pourra enfin devenir quelque chose de normal ! »

Photos: Une : (cc) Alicia J. Rose; Allan Kardec: wikipedia.org; vidéo: Youtube.com