Sortez de la grisaille d’entre-fête, c’est feSt !

Article publié le 9 mai 2009
Article publié le 9 mai 2009


FEST, quatre lettres théâtrales qui s’immiscent entre les traditionnelles «semana santa» et «feria» sevillanes. Quatrième édition du nom, le Festival international de théâtre accueille des troupes essentiellement venues des quatre coins de l’Europe. Portugais, français, italiens, allemands, anglais et tous leurs voisins se sont donnés rendez vous pour fêter le printemps. Le long du fleuve, à quelques pas du pont de Triana, s’élève un décor sobre mais attirant. Une ardoise indique l’ouverture à 20h45. Heure à laquelle deux clowns font apparition au sein du public, l’invitant à entrer s’installer sur des bancs de bois. Sur scène, un échafaudage et rien de beaucoup plus. C’en est assez pour le couple de clowns vêtus de blancs et noirs. A eux deux, ils sauront redonner couleur à cette aire succincte. Jusquà ce qu’elle devienne rouge. Rouge. Couleur du rêve et de la vie. Couleur de l’amour. Couleur de la passion. Derrière eux, le soleil se couche. Un air frais apparaît. Mais «l’industrie théâtrale», dépliant sur ces spectateurs de grands draps blancs, invite au sommeil. Le bonheur est dans le rêve. Fermez les yeux et vous verrez la vie d’un autre œil. S’envolant dans les airs comme ils jouent de leurs acrobaties et de leurs visages expressifs de clowns dépressifs. La magie de «l’industrie théâtrale» vient de Catalogne. Mamen Olias et Jaume Navarro jonglent entre art du cirque et théâtre de rue. Leur énergie est communicative et éblouie petits comme grands enfants. Ils transportent le chapiteau à ciel ouvert sur un nuage dont il faudra atterrir lorsque les étoiles pointeront leur bout de nez. Mais pas avant que ceux des clowns passent du noir au rouge.

Caroline Venaille