Sommet européen : opération hard discount

Article publié le 7 février 2013
Article publié le 7 février 2013
Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE négocient de nouveau à partir de ce jeudi le budget communautaire qui s'appliquera jusqu'en 2020. Ils doivent trouver un terrain d'entente aussi bien sur l'enveloppe totale que sur l'affectation des fonds.
Les intérêts très divergents ne permettront probablement pas d'obtenir un compromis, craignent les commentateurs, qui appellent à plus de solidarité parmi les Etats membres.

Novinar – Bulgarie : il y a intérêt

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE n'ont pas pu s'entendre sur un budget commun lors du sommet de novembre dernier. Pour le quotidien Novinar, ils ne feront pas mieux cette fois ci : « Vu comme les positions sont tranchées à la veille du sommet, il est probable que les participants défendront encore leurs propres intérêts. L'idée d'une Europe unie comme force motrice et fédératrice dans les négociations perd de plus en plus de terrain. Et pendant que les États membres se disputent pour des pacotilles, l'UE se fait doubler par d'autres régions jugées économiquement faibles il y a quelques années encore. Il ne reste plus qu'à attendre de voir où mènera le bras de fer de Bruxelles : si la tentative échoue, si les petits et les faibles abandonnent, ou si apparaît une nouvelle formule qui fasse à nouveau avancer l'UE ces sept prochaines années. » (Article publié le 06.02.2013)

Handelsblatt – Allemagne : plus gros que le boeuf

Cette fois encore, il sera difficile de trouver un compromis budgétaire européen, prédit le quotidien économique libéral Handelsblatt, à la veille du sommet européen : « Il est peu probable que la réponse satisfasse tout le monde. Il semblerait que les chefs d'État et de gouvernement laissent passer l'occasion d'élaborer un budget européen durable. Il n'est pas possible de justifier sur le plan purement politique des subventions agricoles toujours aussi élevées. Les 27 États membres ne soutiendront que très faiblement l'augmentation budgétaire importante prévue par la Commission pour l'innovation et la recherche, tout comme une politique financière ambitieuse pour développer des réseaux routiers, énergétiques et de télécommunications transfrontaliers. C'est contre-productif et anachronique, mais c'est apparemment la seule possibilité d'obtenir un compromis entre les différents Etats membres. »

(Article publié le 07.02.2013)

Le Monde – France : tout rejeter en bloc

L'UE doit mettre un terme aux querelles rituelles autour du budget communautaire et enfin projeter un budget tourné vers l'avenir, demande le quotidien de centre-gauche Le Monde : « Cette négociation est indigne de l'Europe. Il faut repenser un budget qui prépare l'avenir, avec une vraie solidarité fédérale pour les régions frappées par un chômage de masse. En recevant François Hollande à Strasbourg, les eurodéputés ont prévenu que, en l'état, ils rejetteraient ce budget. Ils n'ont pas tort. L'Europe ne serait pas privée de ses ressources, puisque son budget serait reconduit année par année. Les Européens doivent profiter des élections de 2014 pour préciser leur ambition budgétaire collective. Le nouveau Parlement et la nouvelle Commission auront, alors, mandat pour préparer l'avenir. Enfin. »

(Article publié le 06.02.2013)

Photo : Une (cc) waynewho/flickr ; Vidéo (cc) euronewsfr/YouTube