Solana : « Les conditions d’un règlement existent »

Article publié le 18 février 2004
Publié par la communauté
Article publié le 18 février 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Café babel s’est entretenu avec Javier Solana, haut représentant de l’UE pour la PESC. Il est optimiste au sujet du plan Annan et confiant dans une fin prochaine du conflit chypriote.

Le 4 février, Javier Solana, Haut représentant de l’Union européenne pour la Politique Extérieure et de Sécurité Commune (PESC), rencontrait Abdullah Gül, ministre turc des affaires étrangères. À la fin de la réunion, M. Solana déclarait que « Chypre, pour des raisons évidentes, est une question très importante pour l'Union européenne (...). Je suis optimiste au sujet du rôle de la Turquie dans la recherche d'une solution (...) l’UE est disposée à fournir toute l'aide nécessaire pour le succès des négociations ». C’est à espérer. Mais depuis la relance du mois de janvier, la Turquie semble avoir cherché davantage l'appui de New York que celui de Bruxelles. L'Europe serait-elle incapable de faire le ménage dans son pré carré ? C’est ce que nous avons voulu savoir de M. Solana.

Café Babel : Que se produira-t-il si un accord n'est pas conclu avant l'adhésion de la partie sud de Chypre à l’UE ? La Turquie sera-t-elle considérée comme occupant un territoire de l’UE ?

Javier Solana : Je ne pense pas qu'il soit très utile de regarder la question de cette façon. D'ailleurs, il est inutile de spéculer à ce stade. Mais ce que je sais, c’est que les conditions d’un règlement avant le mois de mai existent. Le plan proposé par le Secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan [« le plan Annan »] continue à constituer un cadre dans lequel trouver une solution au problème de Chypre. Cela reste la seule base sur laquelle les deux côtés doivent négocier.

Au moment où je vous parle, les parties concernées se réunissent à New York sous les auspices de l'ONU, et je pense que c’est un signe que les choses avancent dans la bonne direction. D'ailleurs, l'UE et moi-même sommes personnellement disposés à fournir toute l'aide nécessaire afin de faciliter ce processus et de s'assurer que le « plan Annan » est mis en œuvre selon le calendrier prévu.

Pourquoi pensez-vous que la Turquie cherche-t-elle l'appui des Etats-Unis et des Nations Unies plutôt que celui de l’UE pour résoudre le conflit ?

Je ne sais pas sur quoi vous basez votre évaluation de la situation dessus, mais j'ai une vue différente. La Turquie joue un rôle important dans la recherche d'une solution et je suis optimiste au sujet de son engagement constructif. Les autorités turque et moi-même avons été en contact de façon régulière et avons échangé nos vues et idées au sujet du problème chypriote à de nombreuses reprises. Cela a été le cas, en particulier, avec le ministre turc des affaires étrangères, Abdullah Gül, que j'ai rencontré récemment. Les relations entre la Turquie et l’Union européenne sont étroites, notamment en raison de l'intention de la Turquie d'adhérer à l’UE et en raison de nos buts communs de paix, de stabilité et de prospérité pour la région Euro-Méditerranéenne.

Chypre est-il « le prix à payer » pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ?

L'adhésion de la Turquie à l’Union européenne sera considérée sur la base des « critères de Copenhague ». Il n'y a aucun prix à payer, seulement des critères politiques et économiques objectifs à atteindre. Comme tous autres pays candidats avant elle, la Turquie doit s’engager dans des réformes nécessaires à son rapprochement de l'Europe. L’Union européenne a encouragé la Turquie à capitaliser les avancées substantielles déjà accomplie dans ce domaine.

Dans la continuité des conclusions du dernier Conseil européen de décembre 2003, je suis conscient de l’importance de l'expression de la volonté politique de la Turquie de régler le problème de la Chypre. Comme vous pouvez vous en rappeler, lors de cette réunion, les chefs d'Etat et de gouvernements de l’UE ont dit à cet égard qu’ « un règlement du problème de Chypre faciliterait considérablement les aspirations à l'adhésion de la Turquie ».