Socrates jette l’éponge mais doit entrer dans le ring de l’Europe

Article publié le 24 mars 2011
Article publié le 24 mars 2011
Par Alice Préat Le Premier ministre portugais Jose Socrates arrivera démissionnaire au sommet européen ce jeudi. Il a jeté l’éponge mercredi lorsque les cinq partis de l’opposition ont rejeté le quatrième paquet de mesures d’austérités de cette année.

N’ayant pas la majorité au Parlement, le parti du Premier Ministre devait avoir le soutien d’autres partis pour faire passer de nouvelles mesures budgétaires. Parmi ces partis, les socio-démocrates, plus grande force de l’opposition, avaient toujours soutenu les mesures d’austérité présentées par Socrates, jusqu’à maintenant. Après la démission du Premier ministre, ils ont déclaré vouloir des élections, tout en ne perdant bien sûr pas de vue leur position favorable dans les sondages d’opinion.

Crise politique s’ajoutant à la crise financière. Le carrousel reste le même et il tourne toujours dans le même sens. Après trois paquets de mesures d’austérité, le Portugal ne semble pas être prêt à en accepter un quatrième. Comme la Grèce et l’Irlande, le pays a tenu bon pendant un certain temps sans aide européenne. Le Conseil européen du 11 mars l'avait d'ailleurs assuré : le gouvernement portugais a réussi à convaincre ses 26 collègues (ou alors Angela Merkel aurait-elle suffit ?) que dans le court terme, le pays pourrait éviter de demander de l’aide extérieure, en appliquant ces mesures d’austérité en question.

Le Premier ministre démissionnaire, Jose Socrates, a déclaré que «cette crise politique aura de graves conséquences pour la confiance dont a besoin le Portugal de la part des institutions et des marchés financiers». Il a néanmoins assuré que son pays ne restera pas sans gouvernement. Beaucoup s’attendent à des élections, mais la décision du chemin à suivre appartient au Président Anibal Avaco Silva, qui rencontrera tous les partis politiques vendredi, pendant que Socrates sera à Bruxelles.