« Sise delle Monache » : entre le sacré et le profane, il y a… de la crème !

Article publié le 27 août 2010
Article publié le 27 août 2010
A la première bouchée, on a du mal à croire que l’on vient de croquer dans des mamelons, tant il est rare en effet d’en rencontrer trois à la fois. Et pourtant, le nom de cette pâtisserie, spécialité régionale italienne, ne laisse aucun doute : « Sise delle Monache », les seins de nonnes.

Toutes envies de blasphème mises à part, goûter ces pâtisseries est une merveille pour le palais et le sens de l’humour. Dommage que le seul moyen de le faire soit de se rendre dans les montagnes des Abruzzes, à Guardiagrele, où seulement deux pâtisseries, qui divisent la foule des gourmands en deux équipes de supporters opposés, connaissent le simple mais décisif procédé de fabrication, qui se conclut par l’ajout de crème entre les seins et le « soutien-gorge », tous deux faits de génoises.

Selon la légende, les réligieuses plaçaient un bout de tissus entre leurs seins pour cacher leurs formesMais pourquoi donc les nonnes auraient-elles trois seins ? Si comme moi, vous ne vous sentez pas l’envie d’aller dans un couvent vérifier cela par vous-même , fiez-vous plutôt à l’une de ces hypothèses. Il semblerait en réalité que les sœurs avaient l’habitude de mettre un morceau d’étoffe entre leurs seins pour cacher un peu mieux leurs formes et paraître ainsi plus correctes. Beaucoup d’autres racontent , au contraire, que le nom de cette pâtisserie provient simplement du fait que ce sont des sœurs elles-mêmes, appartenant à l’ordre des Clarisses, qui les auraient fabriquées pour la première fois.

Mais ne dites surtout pas cela à Giuseppe Palmerio, le chef à qui l’invention de cette spécialité est attribuée depuis 1884. Lui la nomma « les Trois Monts », en hommage aux trois sommets de la montagne Maiella, qui domine la ville de Guardiagrele. Ce fut le poète régional Modesto della Porta qui les rebaptisa seins de nonnes, lorsqu’un matin, à peine réveillé, il fut touché par leur candeur et leur « innocente » fraîcheur.

Certains disent qu'ils ont inspiré la forme des pâtisseries

Alors rendez-vous tous à Guardiagrele , mais armez-vous de patience : la queue devant la pâtisserie est souvent très longue, particulièrement le dimanche. Mais une fois entrés, vous pourrez goûter vos propres seins à peine sortis du four, comme il se doit, à brosser pour enlever le sucre glace qui inévitablement retombera sur vos vêtements.

Et si vous ne pouvez pas vous rendre jusque dans les Abruzzes, vous pouvez essayer de les faire vous-même.

Recette :

Monter en neige le blanc de 12 œufs, y ajouter 200g de sucre, à part mélanger les jaunes et 100g de sucre. Mélanger les deux compositions lentement à l’aide d’un fouet, du bas vers le haut. Enfin ajouter 200g de farine tamisée et 100g de fécule de pommes de terre. Sur une plaque, à l’aide d’un sac à poche, créer avec la pâte une série de trois pyramides proches les unes des autres. Enfourner pendant 10-15 mn à 210°. Laisser refroidir, découper la partie supérieure, remplir avec la crème et recouvrir. Enfin saupoudrer de sucre glace.

Photos: traboccoblu/flickr; Sarah Gregg/flickr