Shopping vintage à Lyon

Article publié le 14 janvier 2013
Publié par la communauté
Article publié le 14 janvier 2013
Traduction : Marion Chauveau Le vintage ça peut être branché, ennuyeux, hipster ou artificiel. Mais que veut vraiment dire ce mot ? Est-ce que la nouvelle Fiat 500 ou une Mini super fashion peuvent être qualifiées de vintage ? Est-ce une mode, un style de vie ou bien une réponse pour réduire la surconsommation en Europe demande, Artur Krzykowiak.

Comment qualifieriez-vous une personne qui fait du shopping dans un magasin vintage comme la boutique britannique All Saints où les seuls articles vintage sont des objets de décoration (leurs vitrines partout dans le monde sont décorées de machines à coudre). Tout le monde est d’accord sur le fait que de nos jours, les vêtements sont conçus et fabriqués pour avoir l’air usagé. Ils sont parfois plus chers que les vêtements provenant d’un vrai magasin vintage. Même là-bas rien n’est sacré : dans les bazars les plus authentiquement vintage, il y a un certain nombre d’objets de collection qui ne sont que de simples reproductions fabriquées récemment. Pourquoi tant de gens sont-ils obsédés par le style vintage alors que tellement peu d’entre eux comprennent ce que c’est ou savent comment dénicher les vrais objets vintage ?

Dans les Ateliers de Marinette

A Lyon, une ville située dans la partie centre-est de la France, j’ai trouvé environ 30 boutiques et un certain nombre d’entreprises florissantes qui tournaient autour du vintage. J’ai vu une auberge de jeunesse et des bars de style vintage, décorés avec des objets datant de plusieurs décennies. Vous pouvez même faire une visite de la ville sur de vieux vélos à moteur français appelés Solex.

En France, le « vintage » n’est pas juste un mot marketing pour vendre, mais un concept qui se retrouve dans beaucoup d’aspects de la vie quotidienne. Dans l’une des rares boutiques de collectionneurs, Les Ateliers de Marinette, la passion du vintage est un véritable style de vie pour Gérard Murat qui récupère de nombreux objets depuis trente ans. Il a transmis sa passion à Thibault, son fils, qui aide maintenant à faire tourner la boutique et le bistro voisin récemment ouvert. Ici des emballages vintage de nourriture et de boissons provenant de la collection de Murat décorent les murs.

A l’intérieur vous êtes transportés dans les années soixante ou soixante-dix. En plus d’être une curiosité pour les touristes et un endroit pour rechercher des trésors pour les gens du coin, les clients y font un saut pour parler du passé et montrer à leurs enfants ce qu’ils mangeaient et buvaient quand ils étaient jeunes. Les collections de Murat constituent non seulement des supports pédagogiques pour raconter des histoires mais servent également à plusieurs ateliers organisés au sein de la boutique. Les participants, principalement des étudiants, saisissent cette opportunité rare de pouvoir en savoir plus sur la fabrication d’objets, le marketing et le design de packaging. Murat et son fils ont l’intention d’impliquer d’autres collectionneurs en France afin qu’ils partagent leurs trésors à des fins éducatives. S’ils réussissent, ils auront su créer une manière unique d’apprendre sur notre passé. Les ateliers de Marinette s’enorgueillissent d’être à la fois un musée et une boutique avec une collection incroyable d’objets vintage rares de marque telles que Michelin, Ricard ou la Vache qui rit. Certains de ces objets ont été utilisés par la célèbre industrie du film lyonnaise pour créer des décors réalistes.

Approche moderne

"Acheter vintage est un moyen de réduire la consommation et la production d’objets", ajoute Thibault. C’est réutiliser et recycler. On produit trop de biens inutiles en Europe et la plupart d’entre eux finissent par se retrouver dans des boutiques vintage, des greniers, des placards, des caves et même des décharges. C’est incroyable toute l’énergie qu’il faut pour fabriquer de nouveaux objets. Ils doivent être toujours plus performants, plus rapides, plus fonctionnels et plus colorés. Peut-être que penser un peu plus comme Thibault permettrait de réduire l’empreinte carbone de notre génération.

Il n’est pas nécessaire d’aimer le vintage ou de porter des vêtements usagés. Mais il y a tellement de choses qui pourraient être recyclées et réutilisées. Certains objets peuvent avoir une nouvelle fonction, complètement différente de ce pourquoi ils avaient été conçus à l’origine. J’ai visité un appartement du centre-ville dans lequel les plafonniers provenaient de vieilles usines. Cela rendait vraiment bien, ne coûtait presque rien et était bon pour l’environnement. Gardez un œil sur cet endroit pour le 12eMarché Annuel de la Mode Vintage qui aura lieu les 13 et 14 avril 2013 à Lyon. En 2010, 25 000 personnes ont participé à l’évènement, ce qui est plutôt bien pour une ville qui en compte presque 500 000 !

En partenariat avec l’Office franco-allemande de la jeunesse (Ofaj), cet article fait partie d’Orient Express Tripled, une série d’article par cafebabel.com écrit par des journalistes résidents dans les Balkans, en Turquie, en France et en Allemagne. Plus d’informations sur le blog ici.