Sharapova, la parité ou la beauté ?

Article publié le 5 août 2010
Article publié le 5 août 2010
Selon Sports Illustrated, Maria Sharapova est la sportive la mieux payée au monde. Avec un salaire annuel estimé à 20 millions de dollars, elle se dresse à…la vingtième place du classement des sportifs les mieux payés en Europe. A titre de comparaison, Roger Federer a touché 62 millions de dollars en 2010. Et se place en pole position de ce classement.
L'occasion de parler de la parité homme-femme dans le sport ?

Loin de moi l’idée de nier le talent de la joueuse russe, mais il suffit de se souvenir de la carrière de sa compatriote, Anna Kournikova, pour s’interroger sur la place qu’il lui aurait été attribué si elle ne jouissait pas d’un physique avantageux. Chose qui lui permettrait par ailleurs d’engranger les contrats publicitaires (dans le cas de ses dix-neuf prédécesseurs, il n’est pas certain que le physique ait joué le même rôle..). Après tout, il n’y a pas de fair-play quand il s’agit d’argent.

Parmi le monde sportif féminin, ce sont les tenniswomen et les golfeuses qui gagnent le mieux leur vie. En même temps, il a fallu attendre 2007, pour que la dotation globale du tournoi de Wimbledon et de Roland-Garros soit partagée équitablement entre les deux sexes. Et encore, l’initiative est loin d’être masculine. C’est grâce à la création de la « Women’s Sports Fondation », fondée en 1974 par Billie Jean King, que les joueuses professionnelles de golf et de tennis peuvent bénéficier de meilleures rémunérations. Toutefois, le rapport que publie l'organisation à propos des disparités salariales entre les genres dispose, effectivement, que même les femmes les mieux payées dans le sport, subissent encore, en 2010, l'inégalité économique d'un milieu définitivement masculin.

Bref, lorsque l’on évoque l’écart de rémunération entre hommes et femmes dans le milieu sportif, l’explication s’établit toujours selon les lois du marché : les compétitions sportives masculines sont plus spectaculaires donc plus suivies donc plus subventionnées. L’équation est simple. Mais il ne faut pas expliquer aussi simplement que c’est parce que les femmes sont moins impliquées qu’elles obtiennent de moins bonnes performances. On pourrait moins bien payer les policières car elles courent plus lentement après les criminels. Pourtant, elles s’exposent aux mêmes risques que leurs homologues masculins. Tout comme l’engagement des femmes dans leurs activités sportives est de même intensité que celui des hommes.

Photo: ©D. Piris/ Flickr