Sexe et génération Y : la faim déprécie les moyens

Article publié le 30 août 2016
Article publié le 30 août 2016

De récentes études montrent que la génération Y délaisserait volontiers la chambre au profit des fourneaux. Nouvelle preuve de notre incapacité à apprécier le moment présent ? Ou y aurait-il une vraie raison derrière cette nouvelle passion pour notre alimentation ?

On dit souvent que pour atteindre le cœur d’une personne, il faut séduire son estomac. On connaît tous les soi-disant propriétés aphrodisiaques du chocolat, des fraises ou encore des huîtres, mais c’est bien la gourmandise, et non la luxure, dans laquelle se complairaient les jeunes d’aujourd’hui si l’on en croit de récentes études.

Ainsi, d’après Eater’s Digest, sur 12 000 personnes interrogées dans 37 pays différents, 46% des hommes et 51% des femmes affirment que manger est « une source de plaisir comparable au sexe ». Près de 35% des 18-34 ans déclarent également qu’entre une nuit coquine et un excellent dîner au restaurant, ils choisiraient le restaurant  - il faut toutefois noter que parmi eux, ce sont 42% des femmes qui font ce choix contre 26% des hommes. Pour ma part, c’est vrai que j’ai mangé pas mal de bon repas dans ma vie, mais je ne me suis jamais senti repu au point de sauter le dessert…

Pourtant, il semble bien que les jeunes sont nombreux à délaisser ce type de sucreries. L’étude d'Eater’s Digest fait écho à une autre série de données publiée la semaine dernière par un journal appelé Archives of Sexual Behaviour, qui montre que malgré sa réputation, la génération Y est moins portée sur le sexe que ses aînées. Près de 15% d’entre elle ne connaît pas d’expérience sexuelle avant 18 ans. Cela concernait 6% de la génération X seulement !

Le Washington Post avançait, dans un article récent, que les Millennials n’ont tout simplement pas le temps de faire l’amour – nos études, notre travail, ou le temps passé à allumer nos écrans nous empêcheraient de nous faire allumer. Notre obsession de la nourriture traduirait-elle ce même constat ? En passant notre temps à chercher le bon filtre Instagram pour notre assiette, laisserions-nous refroidir nos plats (et nos passions) ?

Je trouve cette approche trop cynique. Plutôt que de voir cette tendance comme la preuve que les jeunes ne sont pas capables d’apprécier ce qui leur est donné, nous devrions peut-être nous demander d'où vient cet intérêt grandissant pour la nourriture ?

Tout d'abord, nous portons beaucoup plus d’attention qu'auparavant à ce que nous mangeons. L’étude d’Eater’s Digest montre à quel point nous adorons multiplier les expériences avec les aliments, jouer avec les épices par exemple, ou rajouter du chou kale dans tous les plats. On lève facilement les yeux au ciel devant les amis qui demandent des plats sans gluten, et on partage volontiers son avis sur le véganisme... Mais il faut reconnaître que cela montre seulement à quel point nous nous sentons désormais concernés par ce qui entre dans notre corps.

Toutefois, la différence la plus importante entre les Millennials et la génération précédente reste peut-être la dimension sociale qu’a revêtue la nourriture. Plus de 57% d’entre nous affirment vouloir « ralentir » au moment des repas pour profiter davantage de ce que contient notre assiette et de la compagnie de ceux qui nous entourent. Chez cafébabel par exemple, nous prenons le temps, une fois par semaine, de manger tous ensemble au restaurant. C’est certainement l’une des raisons pour laquelle nous sommes une communauté si soudée… Ça, et puis peut-être le respect d'une autre règle : ne jamais sortir avec un(e) collègue.