Séville fête la Journée Internationale des claquettes

Article publié le 14 septembre 2016
Article publié le 14 septembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Photo : El Callejón de las Artes. Step, Ball, Heel, Ball-Change, Brush-Back… Aujourd'hui, en l'honneur de la Journée Internationale des claquettes, on peut déjà entendre tous ces pas depuis les rues de Séville. Pour célébrer ce jour particulier, des élèves du centre d'arts dramatiques et de danse El Callejón de las Artes dévoilent au public leur première chorégraphie de claquettes : le Shim Sham.

Un rêve devenu réalité

À Séville, beaucoup d'amateurs de danse ont enfin vu l'un de leurs rêves devenir réalité grâce à la mise en place de cours de claquettes spécialisés. Ainsi, ils ont pu se remémorer des scènes rendues célèbres par Gene Kelly, Fred Astaire ou encore Ginger Rogers. C'est le cas d'Aurora Márquez ou de Santos Prieto, dont les souvenirs sont remplis de réminiscences familiales : "Mon père savait danser, il avait ses propres claquettes et, parfois, il nous apprenait à en faire de la même manière qu'on le lui avait appris. Mais on était petits, on a grandi et on a tout oublié assez vite, même s'il ne manquait pas une occasion de me rappeler que ce serait vraiment bien que j'apprenne à en faire. Maintenant, c'est peut-être l'opportunité de m'y mettre" confie Santos. "Pour moi, la danse est un très bon souvenir de mon enfance vu que chez moi, la danse et la musique étaient toujours à l'honneur. Depuis toute petite, mon père m'a transmis l'amour de ces domaines qui, puisqu'ils sont intangibles, sont une grande source de plaisir chez tout être humain" souligne Aurora.

Les origines

L'origine des claquettes est un mélange de syncopes issues de la musique et de la danse africaine, alliant également des danses folkloriques européennes et tout particulièrement irlandaises. Les danseurs de différents groupes culturels se sont retrouvés en compétition, ils se sont enrichis mutuellement et ont échangé leurs techniques grâce au challenge et à l'improvisation, jusqu'à en arriver à inventer les claquettes comme nous les connaissons aujourd'hui. La naissance de cette danse a eu lieu au 19e siècle à l'autre bout de l'Atlantique, ce qui explique peut-être pourquoi elle a commencé à se répandre en Europe et tout particulièrement en Andalousie il y a seulement quelques mois. Gabriela Estrada, professeur de danse de ce groupe enthousiaste d'amateurs de claquettes, est arrivée du Mexique et des Etats-Unis avec beaucoup d'expérience à son actif et a été très heureuse de constater qu'il existait cette même vocation en Espagne. Selon elle, il est possible que la technique des claquettes semble, de prime abord, bien plus compliquée qu'elle ne l'est réellement. "De plus", ajoute-t-elle, "les claquettes, ce n'est pas seulement un style de danse. C'est aussi un style de percussion musicale qui ne s'apprend ni ne se pratique jamais aussi spontanément que dans les bals et les fêtes comme les danses de salon, bien qu'il soit nécessaire d'en avoir déjà appris les bases au préalable." Aux yeux de cette professeure, pour communiquer autour de soi le goût des claquettes, les invitations dans des bars à tapas, dans des Jam Sessions (séances musicales improvisées), dans des festivals et autres productions de ce genre peuvent être un bon début. "Partout où l'on passe, on rend notre passion pour les claquettes contagieuse".

Des années d'attente

Une patience et une espérance à toute épreuve sont des qualités que les élèves d'El Ca­lle­jón de las Artes possèdent et dont ils ont eu besoin. La plupart d'entre eux ont attendu l'apparition de cours de claquettes toute leur vie parce qu'au sud de l'Europe, la connaissance et la culture de cette danse existaient à peine il y a encore peu de temps. Isabel Porras, une jeune photographe, reconnaît qu'elle n'aurait jamais pensé que ceci pourrait arriver à Séville "à cause de l'importance que revêtent le Flamenco et ses variantes" dans les environs. Cependant, depuis qu'elle a vu un danseur de claquettes dans les chorégraphies de Beyoncé l'année dernière, Myriam Osuna n'a pas arrêté de s'entraîner jusqu'à réussir à en maîtriser les pas. Tu aimes danser ? Claquettons !