Séville en marche pour les réfugiés

Article publié le 22 juin 2016
Article publié le 22 juin 2016

Marches, rencontres, colloques, projections et débats ont été, entre autres, les actions accueillies par la ville dans le but de promouvoir des solutions immédiates à la crise migratoire. La capitale sévillane est prête à réveiller les consciences en matière de politiques migratoires.

Le lundi 20 juin, nous avons célébré la Journée Mondiale des Réfugiés. Même si on fête cette journée depuis 2001, cette date est plus importante que jamais en cette année 2016. Peut-être parce que les habitants ont pris conscience de l'importance de lutter pour le respect des droits de l'Homme, au sein comme en dehors de l'Europe, et pour obtenir un changement de cap des politiques migratoires européennes.

Des centaines de personnes ont décidé de se joindre à la marche pour les réfugiés du 20 juin dernier, au cours de laquelle on réclamait la dignité dans le traitement du réfugié et le respect absolu des Droits de l'Homme. Malgré le succès rencontré par l'événement, la mobilisation citoyenne, même si elle est nécessaire, n'est pas suffisante. Bien que la manifestation ait réuni 31 entités, parmi lesquelles l'UGT, la CCOO ou la Oxfam, les partis politiques ont été les grands absents de la journée. Une aberration quand on sait qu'il leur appartient de trouver des solutions à cette grande crise des valeurs. À quoi sert une population debout quand les politiciens sont endormis ? Une question qui invite à la réflexion à seulement quelques jours des élections générales du 26 juin.

La marche pour les réfugiés a parcouru le centre de Séville et devait marquer le point final de plusieurs mois de travail intense de la part de nombreuses plate-formes civiques et de quelques partis politiques où de nombreuses rencontres ont été organisées dans le but d'inviter à la réflexion et de chercher une solution immédiate à la crise des réfugiés. Parmi ces événements, il faut souligner le débat organisé par Cafébabel Sevilla, "L'Europe au carrefour de la crise migratoire", dont le succès en termes de public et de participation a anticipé le mouvement de la ville pour et à destination des réfugiés. Sans oublier le fort impact de la campagne "Accueillons les réfugiés dès maintenant", promue par l'Association de la Presse de Séville et qui compte sur le soutien populaire et sur celui de nombreuses personnalités de la scène nationale.

Pourquoi ne pas commmencer par une implication locale ?

Les absences des politiques dans les grands débats qui préoccupent le plus les citoyens ne doivent pas passer inaperçues. On demande des solutions à l'Europe mais nous oublions que les municipalités, les gouvernements régionaux et nationaux ont beaucoup à dire, à apporter et, surtout, à faire dans la mobilisation  de l'opinion publique. Demander à l'Union Européenne de faire preuve de dignité n'est pas suffisant, peut-être que la solution serait de commencer par exiger cette dignité au niveau local. On ne peut oublier que la politique juste et éthique, qui paraît être une utopie dans le panorama national actuel et dont nous semblons nous éloigner de plus en plus, émane de tous et de tous les centres de pouvoir qui articulent l'État.

C'est dans cette situation actuelle, dans laquelle les droits les plus fondamentaux sont remis en question, dans l'intervention locale qu'il est plus important que jamais de réveiller les consciences. Penser de manière globale et agir de manière locale peut être la grande solution à ce problème que vivent beaucoup de personnes de près tout en étant physiquement loin. L'exemple parfait est que Séville veut apporter sa pierre à l'édifice tout en étant à des milliers de kilomètres de distance de la Syrie. Mais le plus important est que si l'on obtient des changements visibles au niveau local, la distance physique peut se transformer en proximité. Ce serait un premier pas qui impliquerait que le reste des autorités pourrait se laisser envahir par l'enthousiasme citoyen, voyant Bruxelles comme la responsable quand il s'agit de répondre aux demandes des États membres et de ses exécutifs régionaux et locaux. Parce que, aujourd'hui comme toujours, l'Union Européenne est ce que les États membres veulent que ce soit.