Septembre : Le parlement européen est de retour

Article publié le 5 octobre 2010
Article publié le 5 octobre 2010
Par Jean-Baptiste Mathieu Cette année, chaque mois, nous reviendrons dans le cadre d’un édito sur un des faits marquants du mois qui vient de s’écouler.

Si depuis le début de cette nouvelle mandature européenne les tensions entre la Commission européenne et l’assemblée européenne sont manifestes à chaque session, rarement le Parlement avait aussi nettement réussi à faire plier le collège présidé par José Manuel Barroso. L’expulsion des Roms en France a été l’occasion de comprendre combien le Parlement européen pouvait jouer un rôle politique fort au sein de l’Union.

Les déclarations de la Commissaire européenne Viviane Reding, un échange que la presse a qualifié de « vif » entre le Président de la Commission européenne et Nicolas Sarkozy, la menace du déclenchement d’une procédure en infraction à l’encontre de la France lancée par la Commission : rien de cela n’était envisageable lundi 6 septembre, à l’ouverture de la première session parlementaire de septembre.

Nous avons décrit sur ce blog combien les députés européens avaient souhaité adresser non seulement un message clair à la France, mais surtout à la Commission européenne qui, initialement, ne semblait pas du tout disposée à faire preuve de fermeté à l’encontre de ce pays membre fondateur.

C’est le vote du jeudi 9 septembre qui a mis la Commission européenne au pied du mur. L’adoption par une majorité de députés d’une résolution pressant la France « de suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms » constitue un fin coup politique de la part des députés européens. La Commission n’avait plus d’autres choix que d’intervenir et de le faire avec virulence. C’est sa légitimité qui s’est trouvée en jeu. Ne rien dire c’était définitivement apporter la preuve que la Commission n’avait aucun poids à côté des Etats, pas même celui de faire respecter les traités et les textes dont elle est la gardienne. Se taire, c’était aussi laisser le Parlement européen occuper seul l’espace médiatique et politique.

En provoquant cette crise entre la France et la Commission européenne sans pourtant être sur le devant de la scène, le Parlement européen a démontré le poids qu’il pouvait avoir.

Si une majorité au sein du Parlement a pu se dégager en deux jours pour défendre les valeurs à partir desquelles le projet européen a été construit, on peut bien imaginer qu’à force de travail et de volonté une majorité pourrait se construire pour que l’Union européenne devienne la puissance publique et politique voulue par les pères fondateurs.

La transformation de l’Union européenne vers une Europe politique capable d’agir dans l’intérêt des Européens et d’exister sur la scène internationale passera par le Parlement européen.

Ce mois de septembre aura révélé à ceux qui en doutaient que l’initiative politique au sein de l’Union ne peut être portée que par le Parlement européen.