Sarko, le retour : chronique d’un blockbuster

Article publié le 22 septembre 2014
Article publié le 22 septembre 2014

Le retour de Sarkozy. La véritable vraie raison d’enfin savoir que c’est vraiment super passionnant.

Je ne suis pas un grand fan de politique. J’ai tendance à penser comme un ventre-mou français selon lequel nos élites ne seraient mues que par le désir de se faire réélire. N’y voyez pas un souci de confiance, ni de la désaffection, simplement un constat suffisant au sein duquel subsiste le sentiment que la politique ne régit pas nos vies, au sommet duquel préside l’impression qu’elle ne régit pas grand-chose. Seulement voilà, vaguement depuis 2 jours, intensément depuis hier soir, mon appétit pour la chose publique s’est considérablement creusé.

Hier soir, Nicolas Sarkozy servait la messe. À 20h, sur une chaîne publique, l’ancien président de la République française a commenté l’annonce de son retour dont le chemin avait déjà été déblayé par les plus grands médias, logiquement très bien préparés. 45 minutes donc, où le perdant de 2012 a soufflé le chaud et le froid sans dessiner plus en détail le cadre de son comeback. « J’en avais envie », « je n’avais pas le choix »… L’ex-président préfèrera faire ce qu’il promet de ne pas faire : « dresser le bilan de son quinquennat », « polémiquer sur Hollande »…

Je suis loin d’être le seul à m’emballer pour le retour. Il y a les 8,5 millions de téléspectateurs du JT de France 2, les quelque 400 000 autres qui ont aimé son statut Facebook et un bon tiers de Français qui n’attendaient que ça. Néanmoins, je ne suis pas sûr que l’on se réjouisse pour les mêmes raisons. Perso, j’y vois enfin une bonne raison de célébrer la politique dans ce qui lui reste de magnétique : la lutte pour le pouvoir. Parce que selon moi et mon ventre mou, il ne reste plus que ça : les boucheries de  velours, les déclarations assassines, le cynisme, les mensonges, les tics, les sourires en coin, le haussement d’épaule et le doigt qui pointe…

Le retour de Sarkozy, c’est la promesse d’un match. La bande-annonce de 2 ans et demi de bourre qui secouera la droite, aussi appréciée qu’un échafaudage, et l’exécutif – dont on ne commente plus le déclin – qui n’est jamais aussi intéressant que quand il s’agit de dézinguer son meilleur ennemi. Et puis, il y a les affaires. Au nombre de 7, elles serviront autant l’intrigue que les seconds rôles et nous rappelleront au syllogisme un peu facile selon lequel les lois sont faites pour être transgressées. Cramponnez-vous, sortez les chips. Préparez-vous et oubliez Netflix. Sarko, le retour, c’est le titre du blockbuster qui a toujours manqué à la France.