Sara Serraiocco: quart de siècle et shooting star

Article publié le 15 février 2016
Article publié le 15 février 2016

Sara Serraiocco a vingt-cinq ans. Longiligne, dans un élégant costume noir, de longs cheveux de jais venant encadrer un visage aux traits fins, elle séduit par son aplomb, sa gentillesse, et sa voix, au joli timbre grave.

Nous sommes dans l’Audi Lounge de la Berlinale, un espace réservé en ce lundi 15 février 2016 aux « Shooting Stars », ces dix jeunes actrices et acteurs européens sélectionnés parmi les meilleurs de leur génération. Les jeunes talents enchaînent entretiens avec la presse, séances de photo ou signatures d’autographes pour les fans réunis devant le cordon de sécurité. L’occasion pour CaféBabel de rencontrer celle qui, depuis trois ans seulement qu’on l’a découverte dans Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, vainqueur du Grand Prix et Révélation de la Semaine de la Critique à Cannes, a déjà présenté ses films dans les plus grands festivals (Sundance, Berlin,...) et s’est vue nominée au Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle dans Cloro de Lamberto Sanfelice.

CaféBabel : Pourrais-tu nous raconter un peu ta première expérience au cinéma, lors de ton rôle dans Salvo ?

Sara Serraiocco : Après mes études au Centre Expérimental de Cinématographie de Rome, j’ai joué dans un épisode de la série TV RIS - Crimes imparfaits, avant d’obtenir le rôle principal dans Salvo. C’était ma première expérience au cinéma, et un vrai défi pour moi, parce que je devais jouer le rôle d’une jeune fille aveugle. Je viens du centre de l’Italie, de Pescara, et j’habite à Rome, mais j’ai passé trois mois en Sicile pour apprendre le dialecte sicilien, et me préparer pour le rôle. Je couvrais mes yeux pendant plusieurs heures chaque jour. C’était une décision que nous avions prise avec le réalisateur, pour m’aider à comprendre le personnage et à rentrer dedans.

CaféBabel : Je crois que tu as aussi rencontré des jeunes femmes aveugles, pour préparer le rôle ?

Sara Serraiocco : Oui, deux jeunes filles aveugles. Une en Sicile et une à Rome. J’ai beaucoup discuté avec elles de leurs vies, leurs expériences.

CaféBabel : Tous tes rôles sont assez exigeants physiquement, lequel a été le plus gros défi jusqu’à présent ?

Sara Serraiocco : Je pense que jouer le rôle de cette jeune fille aveugle était un défi important, mais également celui de la nageuse dans Cloro : pour me préparer, j’allais tous les jours plusieurs heures par jour à la piscine. J’ai été danseuse professionnelle, donc cela m’a évidemment beaucoup aidée, mais chaque rôle reste un défi.

CaféBabel : Qu’est-ce que cela te fait d’être ainsi plongée dans cette effervescence depuis trois ans, dans les festivals, auprès des médias ?

Sara Serraiocco : Cela me fait extrêmement plaisir, mais cela me rend aussi nerveuse. C’est un métier dans lequel je veux vraiment m’améliorer à chaque fois, toujours faire des progrès, et c’est parfois une source d’anxiété.   

CaféBabel : Avec qui aimerais-tu travailler à l’avenir ?

Sara Serraiocco : J’aimerais beaucoup travailler à un niveau européen, et américain – c’est mon rêve. J’aime beaucoup les frères Dardenne, et Iñárritu. Ou encore Woody Allen et ses comédies.

CaféBabel : As-tu fait de belles rencontres durant la Berlinale cette année ?

Sara Serraiocco : Oui, celles de nombreux directeurs de casting, avec lesquels j’espère pouvoir rester en contact pour de futurs projets. Mais également les acteurs et actrices qui sont sélectionnés avec moi aux « Shooting Stars », avec lesquels nous avons pu échanger, partager nos expériences, en tant qu’acteurs et actrices, mais également en tant que jeunes hommes et jeunes femmes. (Sourire) Nous sommes si jeunes...

CaféBabel : Ce soir tu vas voir la première de Alone in Berlin de Vincent Perez, peut-être l’occasion de rencontrer le jury international, et en particulier Meryl Streep. Est-elle une figure importante pour toi ?

Sara Serraiocco : Bien sûr ! C’est l’actrice la plus importante au monde et je... (elle joint les mains et regarde au ciel).

CaféBabel : (Sourire) La vénère ?

Sara Serraiocco : Oui ! (Rires).

CaféBabel : Quels sont tes projets à venir ?

Sara Serraiocco : Je vais commencer à tourner un film en mars, avec le réalisateur italien Giovanni Veronesi : Non è un paese per Giovanni. J’ai vraiment hâte de commencer le film et de jouer mon personnage. Je vais devoir subir une transformation physique radicale ! (Sourire)

CaféBabel : Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Sara Serraiocco : Non... (Sourire) Mais je peux dire que le tournage commence le mois prochain, à Cuba...