Santé !

Article publié le 4 juillet 2006
Article publié le 4 juillet 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Alors que l’Europe du Sud voit ses jeunes sombrer dans les affres de l’alcool, les gouvernements du Nord ont mis en place une législation draconienne pour la réprimer la consommation.

Dans les pays méditerranéens, boire c’est culturel : on peut y observer ce que l’on appelle une coutume éthylique. Le rôle de l’alcool y est une composante acceptée et partie intégrante du quotidien.

Du bien boire méditerranéens aux cuites massives des Espagnols

On ne boit pas pour boire, on boit en mangeant. Ainsi les Espagnols, les Portugais et les Français consomment-ils chaque année plus d’alcool que les autres Européens. Ils boivent souvent, mais peu à chaque fois. Le phénomène des cuites de fin de semaine où l’on termine ivre mort est encore circonscrit aux seuls lieux touristiques.

Mais ce rapport mature à l’alcool change. Le coma éthylique, un comportement bien connu des Britanniques et des touristes d’Europe du Nord, gagne en popularité auprès des jeunes Hispaniques, qui participent par milliers aux « botellón », ces cuites de masse organisées en pleine rue. Le sociologue Lorenzo Navarette, auteur de l’ouvrage « Le phénomène Botellón » souligne que « le botellón n’est ni plus ni moins que la résultante d’une situation qui échappe peu à peu à tout contrôle.  »

Se soûler en public, qui constituait encore il y a peu un motif d’opprobre populaire est devenu en quelques années le summum de l’honorabilité pour les jeunes Espagnols. Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le gouvernement Zapatero a interdit la consommation d’alcool dans les lieux publics.

Des évolutions identiques s’opèrent en France ou en Italie, où le ‘bien boire’ était jusque là partagé entre les jeunes et leurs parents. Il était alors très mal vu de glisser sous la table...

L’Irlande, championne toute catégorie

Comas éthyliques et gueules de bois sont le lot commun de la Grande-Bretagne. Le gouvernement espère que l’extension des horaires d’ouvertures des pubs s’accompagnera d’une modification de la consommation d’alcool, alignée sur le mode méditerranéen : boire moins mais plus souvent.

« Improbable », affirme Andrew McNeill de l’Institute for Alcoholic Studies (IAS) « Calquer le modèle italien d’ouverture des débits de boisson en continu conduirait également à copier le mode de consommation propre aux Italiens.  »

Et pourtant, les Irlandais tiennent la dragée haute aux Britanniques. Ils détiennent le triste record de la plus importante quantité d’alcool consommée par personnes et par période – près de 12 litres d’alcool pur. Le gouvernement irlandais a fini par réagir en mettant fin aux « happy hours » ! Sans compter que la vente d’alcool aux pochards est désormais passible d’une amende conséquente.

Les pays scandinaves cultivent le même rapport à l’alcool que leurs congénères britanniques et irlandais. Depuis une dizaine d’années, ils ont mis en place une taxation prohibitive des spiritueux, assortie d’un strict contrôle, afin d’en finir avec les sempiternels excès de schnaps… bien vite remplacés dans le cœur des soûlards nordiques par d’impressionnantes tournées de bières chaque week-end.

Selon Robin Room du Centre d’étude sociale sur l’alcool et les drogues de l’Université de Stockholm, il y a là comme une « norme en vertu de laquelle dans certaines situations on doit boire. Et cela a peu de chance de changer. »

Des effets considérables

Aux Pays-Bas où la consommation d’alcool est traditionnellement importante, une autre tendance se dessine. De plus en plus de jeunes sont initiés dans leur famille, comme cela se pratiquait dans les pays sud européens, et découvrent ainsi une approche privilégiée de la consommation d’alcool, loin des tentations de l’interdit.

Dans la plupart des pays d’Europe, la consommation d’alcool va de pair avec une autre drogue légale : la nicotine. Au Sud, alcool et cigarette font un tabac ! En Espagne, depuis 2006, il est interdit de fumer sur les lieux de travails, dans les lieux publics et les centres commerciaux. Les bars et les cafés ne sont pas concernés directement mais doivent mettre à disposition de leur clientèle une zone non-fumeur dès lors qu’ils font plus de 100m2.

Au Nord, on fait depuis longtemps la vie dure aux fumeurs : l’Irlande a récemment promulgué une interdiction totale de fumer sur le lieu de travail, dans les cafés et les restaurants. Comme la Suède, la Norvège ou l’Ecosse.