Rosen Plevneliev : le nouveau président bulgare

Article publié le 2 novembre 2011
Article publié le 2 novembre 2011
Rosen Plevneliev, du haut de ses 47 ans, semble avoir réussi à conserver son image de type sympa. Jusqu’alors il était le ministre le plus populaire du gouvernement. Il n’appartient à aucun parti politique. Pour autant, le nouveau président bulgare, élevé en Allemagne, ne fait pas l’unanimité.

Dimanche dernier, Rosen Plevneliev, choisi et soutenu par le parti de centre-droit au pouvoir GERB (mouvement des citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) a gagné l’élection présidentielle contre Ivaïlo Kalfin, le candidat du parti socialiste bulgare, avec 52,5% des voix. Cette victoire était prévisible, malgré la courte avance du vainqueur au final. Plevneliev avait reçu 40,2% au premier tour, tandis que Kalfin, deuxième, était assez loin derrière avec 30,2%. Meglena Kuneva, candidate indépendante et ancienne commissaire européenne, n’avait recueilli que 14% des suffrages.

Plevneliev est nouveau dans l’arène politique. Il y est entré il y a deux ans, en tant que ministre de l’aménagement du territoire. Avant cela, il était manager en construction. Il a concentré ses efforts sur la construction d’un réseau autoroutier, à l’aide de fonds européens en particulier. Entreprise réussie, et c’est là qu’il y a un hic : de nombreux citoyens ne comprennent pas pourquoi il a dû quitter un poste où il était efficace pour se lancer dans la course à la présidentielle pour jouer un rôle essentiellement symbolique.

« Chers hommes politiques, n’allez pas croire qu’on n’a pas vu ce que vous avez essayé de faire passer pour des élections »

Les atouts de Plevneliev, qui lui valent d’être largement apprécié : la modestie, le sens pratique et le fait qu’il ne se soit pas encore compromis. Mais beaucoup craignent qu’il devienne une simple marionnette du parti au pouvoir et du Premier ministre Boïko Borisov. Son élection renforce également le pouvoir du parti GERB, dont certains membres occupent des postes-clés au gouvernement.

Dans l’ensemble, l’opinion publique estime qu’il n’y a pas vraiment eu d’affrontement, ni d’échange d’idées ou de visions, ni de choix véritable au bout du compte. Le grand hebdo politique Capital a décrit les élections comme « ennuyeuses » et le rédacteur en chef du quotidien économique Dnevnik a parlé de « stade terminal » en évoquant l’ambiance de la conférence de presse qui a suivi le premier tour des élections. (Un lecteur a commenté ses propos en demandant « Terminal 1 ou Terminal 2 ? » en référence au nombre croissant de Bulgares qui envisagent d’émigrer au vu du paysage politique peu enthousiasmant du pays.) Deux professionnels de la pub ont même créé et fait circuler sur Facebook une affiche annonçant : « Chers hommes politiques, n’allez pas croire qu’on n’a pas vu ce que vous avez essayé de faire passer pour des élections. Elire, c’est choisir. (Le mot bulgare qui veut dire « élections » se traduit littéralement par « choix », ndlr.) Vous voilà prévenus. »

Photo : © courtoisie de « Rosen Plevneliev - candidat pour la presidence en Bulgarie »/ Facebook