Roman Zinchenko : les geeks écolos ukrainiens sont sexy

Article publié le 3 décembre 2015
Article publié le 3 décembre 2015

Lorsque les parents de Roman ont acheté une dacha près de Kiev, en Ukraine, le jeune diplomate ne s'attendait pas à ce que le bâtiment, qui avait besoin d'être rénové, change sa vie. Aujourd'hui, Greencubator, une organisation créée en collaboration avec son frère Andrij, est l'une des principales armes de l'Ukraine pour lutter contre l'hégémonie énergétique de la Russie.

Lorsqu'on lui demande pourquoi il s'est intéressé à l'activisme énergétique, Roman Zinchenko, âgé de 38 ans, explique simplement : « Je suis un diplomate aguerri ».

Roman est le co-fondateur de Greencubator, une plateforme qui relie et soutient les entrepreneurs ukrainiens qui opèrent dans le secteur des énergies renouvelables. L'aventure a commencé en 2009 et s'est transformé en un réseau très efficace pour les start-ups à vocation écologique en Ukraine. Les deux frères ont organisé de nombreux événements, sous la forme de hackathons et d'ateliers, comme par exemple : TeslaCamp, Hack4energy et Smart Energy Forum & Hackathon.

Comment Greencubator a-t-elle vu le jour ? Suite à ses études et après plusieurs emplois non concluants dans le secteur des affaires et des relations publiques, y compris un poste de porte-parole de Vitali Klitschko (le maire de Kiev, ndlr), Roman s'est retrouvé dans une situation délicate, ne sachant pas quoi faire par la suite de sa vie.

Roman et son frère Andrij, professeur d'histoire, possédaient chacun leur propre entreprise qui, selon Roman, « n'ont jamais réalisé de profits ni de pertes ». Par chance, leurs parents avaient acheté la dacha près de Kiev et les deux frères ont eu pour idée de recourir au système des énergies renouvelables pour se libérer du carcan des fournisseurs d'énergie locaux corrompus. Cela leur a pris beaucoup de temps et leur a demandé beaucoup d'efforts, principalement pour se familiariser avec les caractéristiques inhérentes au secteur de l'énergie. Mais cela en valait vraiment la peine lorsque, grâce à leur travail acharné, l'idée de Greencubator était née.

Sensibiliser une nouvelle génération d'entrepreneurs de l'énergie 

Roman confesse : « Notre idée de départ était cinglée. Nous avions un budget de 100 dollars et nous avons décidé d'organiser un rassemblement au milieu de nulle part. Mais nous avions beaucoup de connaissances et des compétences en relations publiques, ce qui aide beaucoup ».

Cependant, il a fallu du temps pour que les résultats de leur initiative ne se fassent sentir. C'est uniquement après avoir organisé une douzaine d'événements de la sorte que Greencubator est finalement devenue crédible. Pourtant, Roman insiste bien sur le fait que ce n'est pas leur propre popularité qui les préoccupe sinon celle des start-ups écolo, ainsi que l'intérêt croissant pour les énergies renouvelables et la volonté d'un changement significatif dans la culture écologique de l'Ukraine.

« Le secteur de l'énergie en Ukraine est mis à mal par l'hégémonie et le monopole russes. La seule façon de changer cela est de sensibiliser une nouvelle génération d'entrepreneurs de l'énergie », fait remarquer Roman, qui ajoute également que de nombreux jeunes s'impliquent dans le travail de Greencubator. « Au début, avant même que Greencubator n'existe, nous participions à des conférences d'un ennui terrible. Nous avons donc décidé que nous avions besoin de créer quelque chose de neuf, de frais, afin de convaincre les personnes que les geeks écolo sont sexy » (ce slogan se retrouve sur les T-shirts de Greencubator).

Et maintenant, quels sont les projets pour l'avenir ? Le plus important est le développement de Greencubator. Ensuite, il faut maintenir l'enthousiasme autour des solutions que les énergies renouvelables ont à offrir au pays, et enfin, susciter l'intérêt pour les énergies renouvelables, notamment au travers de programmes d'éducation et de conférences gratuites à l'université.

Pour Roman, la conférence de la COP21 sur le climat à Paris est un événement aux retombées positives pour des organisations telles que Greencubator. Selon Zinchenko, « c'est le signe que quelque chose se passe, que des innovations sont mises en avant ». Il ajoute également que la participation des États-Unis à la conférence sur le climat pourrait se traduire par des changements positifs à venir : « Si seulement mon pays pouvait être plus impliqué dans tout cela ».

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Cet article fait partie d'un projet intitulé #21faces qui propose de faire le portrait de 21 jeunes écolos innovants à travers l'Europe en amont de la COP21, la grande conférence mondiale sur le climat organisée à Paris.