Romain Galati: "Dans dix ans les gens parleront plus de langues"

Article publié le 23 septembre 2010
Article publié le 23 septembre 2010
A l’occasion de la journée européenne des langues du 26 septembre 2010, nous avons repéré un projet qui propose d’apprendre les langues tout en promouvant l’intégration. Rencontre avec le fondateur du Language Exchange International (LEI).

Sarrazin en Allemagne, Sarkozy en France…le dernier débat sur l’immigration en Europe s’est tenu à travers un climat politique plutôt instable. Dans le cadre de la journée européenne des langues, organisée le 26 septembre 2010, nous mettons en évidence un projet qui concilie apprentissage et intégration. En début d’année, Romain Galati a fondé Language Exchange International (LEI) en France, près Valence. La fédération internationale a pour but de faciliter l’intégration des étrangers dans les nouvelles villes en favorisant le contact avec les autochtones. Pour les bénéficiaires de ce projet, il semble intéressant d’apprendre la langue de leur ville d’adoption ainsi que de pouvoir la comparer à leur propre culture. A l’heure actuelle, il y a 22 groupes LEI présents à travers la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Romain, pourquoi as-tu créé LEI ?

Romain GalatiRomain Galati: Il est difficile de parler d’autres langues ou de rencontrer des personnes de pays différents régulièrement dès lors que tu travailles ou que tu étudies. Nous avons crée Language Exchange International pour favoriser un échange à la fois linguistique et inter-culturel. Nous voulions aussi promouvoir les cultures et les langues locales, régionales et internationales. Nous voulions enfin que les gens se rencontrent.

Comment fonctionne votre réseau à vrai dire ?

Romain Galati: Premièrement, il y avait huit groupes en France, en Allemagne, en Italie et en Ukraine qui ont leurs propres évènements inter-culturel. Tous les week-ends, ils organisent des cafés linguistiques par exemple, où Allemands, Français, Polonais, Suèdois, Italiens se rencontrent. Le climat est plutôt cool et les participants parlent différentes langues. C’est un bon moyen de développer tes connaissances et, par la même, de rencontrer des gens du monde entier. Le réseau de LEI est encore en train de grandir. Et nous avons de nouveaux groupes qui organisent sans cesse plusieurs réunions dans des endroits differents.

Alors imagine que tu es en train de te promener aux alentours de Valence lorsque tu entends tout à coup quelqu’un parler dans un langage différent. Lui parles-tu directement de Language Exchange International ?

Romain Galati: Tous les groupes œuvrent à une échelle locale. Ils ont leur propre moyen de promotion selon les évènements qu’ils comptent proposer. Il existe diffèrent moyens de parvenir aux gens. Le bouche à oreilles marche très bien par exemple. Nous avons aussi un site Internet où tu peux trouver tous les détails les plus importants. Puis, nous utilisons aussi les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Couchsurfing.

Comment fonctionne un café linguistique ? Faut-il parler le langage du pays où l’on se trouve au moment de l’évènement ?

Romain Galati: Le concept est plutôt simple. Les gens viennent et parlent dans la langue qu’ils souhaitent. Il n’y a pas de règles et tu n’es pas nécessairement obligé de parler la langue du pays dans lequel tu résides. Toutes les langues sont les bienvenues. Mais les plus utilisées sont l’Anglais, l’Espagnol, le Français, l’Allemand et le Chinois. Le plus important à préserver est que tout le monde passe une bonne soirée avec le maximum de rencontres. La langue est un outil précieux pour l’échange culturel parce que les personnes ne viennent pas uniquement pour apprendre des mots mais aussi pour découvrir une autre culture, une manière de penser voire une autre façon de voir le monde. Plus il y a de langues représentées, plus il y a de découvertes.

LEI a pour but d’aider les étrangers en soutenant leur integration. Ce n’est pas ce que fait déjà l’administration ?

Romain Galati: LEI, et les organisations similaires qui ne peuvent pas remplacer les administrations des pays, s’attachent à priviligier le côté humain. C’est la chose la plus importante.

Un évènement special est-il prévu dans le cadre de la journée européenne des langues ?

Romain Galati: Chaque groupe est en train d’organiser un évènement particulier. Nous les avons planifiés en avance. Par exemple, nous allons faire un karaoke multilangue samedi soir, à Valence.

Comment vois-tu LEI dans 10 ans ?

Romain Galati: Nous aurons des groupes dans le monde entier. Ces derniers organiseront des manifestations diverses : voyages, concert, films. Les villes seront de toute manière de plus en plus internationalisées et plus ouvertes aux multilinguisme ainsi qu’à la diversité des cultures. Les gens parleront de plus en plus d’autres langues et adopteront une curiosité naturelle pour des cultures différentes. L’amitié et la compréhension entre les gens sera décuplée.

Photos: (cc)pfv./flickr ; ©LEI