Revue de presse : après la mort de Jörg Haider

Article publié le 14 octobre 2008
Article publié le 14 octobre 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La presse européenne spécule sur les conséquences de la mort accidentelle de Jörg Haider, notamment sur les négociations pour la formation de la coalition en Autriche. Le parti de Haider, le Mouvement pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ), pourrait fusionner avec le Parti libéral autrichien (FPÖ).

Die Presse - Autriche

(Image: (((((i))))) (((((see))))) (((((you)))))/ Flickr)Le décès de Haider pourrait entraîner une réunification des partis de droite autrichiens similaire à celle entreprise par les partis conservateurs allemands apparentés, la CDU et la CSU, estime le quotidien Die Presse : « Pour préserver son existence victorieuse, ce parti qui, sans Haider, devient nul, tant sur le plan du programme que sur le plan personnel, ne dispose que d'une seule opportunité envisageable – hormis la Carinthie : la poursuite du combat de Haider contre le système en mémoire de son fondateur. Cette orientation aurait de réelles chances de succès dans un contexte où les pressions exercées sur la coalition deviennent de plus en plus fortes. (…) La décision de nommer l'ami de Haider et porte-parole [du parti], Stefan Petzner, à sa succession, laisse entendre que le BZÖ va s'efforcer de se maintenir au pouvoir en Carinthie après sa mort. Dans cette région, l'aura de Haider lui aurait permis d'obtenir une majorité absolue. L'appel à réunifier le troisième camp par-dessus la tombe de Haider pourrait tout à fait aboutir à la solution CDU/CSU qui a déjà fait l'objet de nombreux débats. »

(13.10.2008) 

Dnevnik - Slovénie

Le quotidien Dnevnik évoque Jörg Haider sur son site Internet : « A l'échelle européenne, Haider n'était ni un personnage politique important ni un cauchemar. [Il était] plutôt l'incarnation du discours politique d'une troisième voie éphémère de la fin du siècle dernier. Il constituait en tout cas une pierre d'achoppement dans les relations entre la Slovénie et l'Autriche, notamment en ce qui concerne la minorité slovène de Carinthie. (…) La véritable question est de savoir si l'importance politique de Haider est suffisamment grande pour que sa disparition laisse derrière lui en Carinthie, mais aussi en Autriche, un réel vide politique. Ce vide sera peut-être rapidement ressenti. La fusion de son ancien parti, le FPÖ, et de son parti actuel, le BZÖ, pourrait peut-être clore le dernier chapitre de sa biographie, la biographie d'un original qui traitait avec [Mouammar] Kadhafi et Saddam Hussein mais qui ne remportait qu'une adhésion limitée à Vienne. Le vide en Carinthie fournira la réponse à la question de la véritable importance de Haider. »

(13.10.2008) 

Lidové noviny - République tchèque

« Avec Jörg Haider, c'est l'icône du populisme de droite européen qui disparaît. Mais le succès de cette politique n'a pas disparu avec lui », écrit le quotidien conservateur Lidové Noviny. « Comment se comporte-t-on vis-à-vis d'une force politique qui a été cultivée par Haider pendant un quart de siècle, qui a recueilli 28 pour cent des suffrages aux dernières élections et qui va peut-être même siéger au sein du nouveau gouvernement de Vienne ? Cela ne sert à rien de ranger Haider et ses électeurs dans un tiroir xénophobe et néo-nazi. (…) Haider n'était pas un nationaliste mais un démagogue. Dans les années 1980, il reprochait encore au gouvernement de ne pas être assez pro-européen. Dix ans plus tard, il était opposé à l'adhésion (de l'Autriche) à l'UE. Si l'on en croit ses adversaires, il s'adressait aux mêmes catégories d'électeurs que celles qui avaient porté Hitler au pouvoir sous d'autres auspices. Mais de tels électeurs n'existent eux aussi qu'une seule fois. »

(13.10.2008) 

De Standaard - Belgique

Au sujet de la mort de Jörg Haider, le quotidien De Standaard écrit : « Le mérite de Jörg Haider est qu'il a ébranlé un système politique figé en Autriche. Son héritage ? Il a laissé derrière lui un pays ayant une faiblesse pour le populisme, la xénophobie, d'anciens sentiments nazis et une politique de rupture. ... Même pour les Européens d'extrême-droite, la réussite d'Haider n'était finalement pas une victoire totale. Haider a été la figure de proue de la vieille extrême-droite en Europe, plus que Le Pen en France ou Filip Dewinter en Flandre. Mais les rêves de courte durée d'une liste commune européenne d'extrême-droite ont vite été brisés par des controverses internes et car Haider privilégiait son ego par rapport au projet politique. Même le [parti flamand de droite] Vlaams Belang, qui a envoyé un télégramme de condoléances à l'Autriche samedi, avait rompu avec Haider en 2005. Le héros qui a été porté aux nues pendant des années a été tout à coup décrit dans le magazine Vlaams Belang comme quelqu'un qui changeait d'avis comme de chemise. »

(13.10.2008)

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