Révolutions arabes : en sortir par le haut

Article publié le 22 mars 2015
Article publié le 22 mars 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

   Le Printemps arabe, ou les Printemps arabes, sonnent à nos oreilles d’Occidentaux comme les Trois Glorieuses, la Révolution de Juillet ou le Printemps des Peuples de 1848 : gorgés d’espoir. Sauf que tout bouleversement entraine aussi une phase transitoire de chaos, immanquablement, avant qu’un nouveau système/régime ne s’installe durablement. Ainsi, plus dure fut la chute dans les pays du Maghreb et du Machrek en instabilité chronique depuis début 2011, Libye et Egypte en tête.

Mais le catastrophisme des experts à propos de cette situation de tension transitoire n’a pas plus raison d’être que l’optimisme excessif qui s’était emparé des opinions publiques au premier trimestre 2011 : la Libye et l’Egypte vont repartir de plus belle, comme en son temps la France du Second Empire, comme l’Europe du plan Marshall.

Prenons l’Egypte : la démographie se fait un peu trop pressante, et les touristes un peu trop absents, effrayés par les caméras de CNN plantées place Tahrir. Certes. Sauf que le mot circule déjà que c’est le moment de visiter, car justement les sites touristiques ne sont pas bondés, car les prix ont fortement baissés. Car la situation est calme dans 99% du pays (les touristes américains visitent bien la France en évitant les quartiers Nord de Marseille, les touristes européens visitent bien Chicago downtown en omettant les ghettos de Detroit). Car les touristes adorent aussi être à contre-courant, « off the beaten track ». Car on en a la preuve avec les afflux de backpackers au Myanmar ou au Salvador. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, dans l’éventail des destinations touristiques où l’on recherche mer et soleil, proximité avec l’Europe et prix bas, l’Egypte a un avantage extraordinaire et que l’on ne pourra jamais lui enlever : la munificence de Khéops, de Louxor, de Karnak, d’Abou Simbel, pour ne citer que quelques-uns de ces sites gorgés d’Histoire et architecturalement à couper le souffle.

Et certes s’il n’y avait que le tourisme, le pays pourrait se retrouver en difficulté pendant quelques années ; mais l’autre aspect que sa géographie lui a donné, c’est sa situation de carrefour entre les mondes européens, asiatiques et africains. Le Canal de Suez est non seulement une manne financière grâce à la redevance due par les bâtiments en transit, mais surtout un avantage stratégique majeur qui fait de l’Egypte un acteur géopolitique de la plus haute importance. Evidemment ces atouts économiques certains ne passent pas inaperçus des chefs d’entreprise qui anticipent déjà pour jouer le prochain coup gagnant, et qui souhaitent investir avant la prochaine vague, tant que les opportunités sont encore à prendre. Le fait que nombre d’entre eux se soient rencontrés à Sharm-El Sheik il y a quelques jours à la Conférence sur le développement économique de l’Egypte organisée par Richard Attias & Associates est ainsi tout sauf une coïncidence.