Retour sur une après-midi de soutien à Roberto Saviano

Article publié le 12 décembre 2008
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Article publié le 12 décembre 2008
Place d’Italie samedi 6 décembre. Une tente plantée sur le parvis de la place d’Italie dans le 13° arrondissement de Paris, au milieu des sapins et de l’effervescence d’un week end qui, pour beaucoup, était consacré aux premiers achats de Noël. Derrière le bruit des voitures qui filent sur le rond point, le récit d’un fléau nommé « mafia ».
Soutien à Roberto Saviano et contre les mafias

L'Association Democratici Parigi, conjointement avec la section parisienne de Libera et le blog Io sono fratello di Saviano –(http://iosonosaviano.ning.com/), a ouvert au public les textes de Saviano et d’autres personnalités qui, comme lui, ont osé dénoncer le crime organisé. Certain l’ont payé de leur vie, à l’image du juge Falcone assassiné par la mafia sicilienne Cosa Nostra le 23 mai 1992. C’est pour que l’histoire cesse de se répéter et pour contrer le fatalisme qui, trop souvent, pousse au mutisme, que tous s’étaient donnés rendez-vous samedi.

Il y avait beaucoup d’Italiens dans les rangs des auditeurs, ce qui montre que les expatriés se sentent aussi concernés. Un comité de soutien qui a bravé le froid et l’indifférence pour venir écouter et parfois lire les textes « interdits ». Pas de fioriture, pas de misérabilisme de la part des associations et des groupes de soutien présents. Egalement présents, des chercheurs, des acteurs de théâtre, des attachés... Parmi les passants et comme pour dénoncer l’action sous-terraine, quelqu’un fait circuler des « pizzino », ces petits billets utilisés par les mafieux pour faire discrètement passer leurs ordres.

L’une des principales organisatrices semble satisfaite : ce regroupement associatif et citoyen a attiré un public intéressé, sensible à la cause de l’écrivain et conscient de la menace que les mafias font peser sur la liberté d’expression, principe fondamental des droits de l’homme. L’objectif étaient de faire bouger les consciences, de dire les crimes et d’encourager les victimes bâillonnées par la peur et le fatalisme à parler car, comme l’écrit Roberto Saviano dans l’un de ses textes : « La douleur rend muet, l’hostilité empêche de savoir à qui parler […] La peur est un alibi coupable qui mène lentement à la ruine ».

Sophie Helbert