Retour aux années 30 ? le déclin ou le sursaut

Article publié le 9 juillet 2008
Publié par la communauté
Article publié le 9 juillet 2008
En révisant les billets de ce blog, force est de constater qu'ils ont été assez franco-français. Rassurez vous, celui ci sera la dernier avant longtemps, actualité oblige. Ainsi, sous la houlette de la présidence française, les ministres de l'UE viennent d'adopter un "pacte" sur l'immigration. Et tous les "alter" de conspuer devant leur télé "cette Europe", égoïste, réclamant une 'autre' Europe.

Et bien ils ont raison.

il faut sortir de cette Europe intergouvernementale et entrer dans une Europe fédérale pleinement souveraine, indépendante des états et capable d'agir.

Ce pacte n'est pas tant honteux pour son contenu ( démagogique) que pour sa forme : simple déclaration d'intention , il n'a aucun valeur légale. Sa seule utilité est de placer les chefs d'états sous le feu des caméras.

C'est d'ailleurs devenu une habitude. Il y a quelques jours, les ministres de pays de l'UE( et non l'UE) rencontraient leur homologue de l'OPEP; affichant devant les télévision nationales leur "préoccupation au sujet du prix du pétrole". A défaut de pouvoir agir sur les prix d'une matière première, les états affichent leurs bonnes intentions sur les écrans de télévision, poignées de main à l'appui.

Pire encore, le cabotin président français semble trouver là une formule de gouvernement idéale, la " démagogie intérieure" . Le refus de l'UE d'entériner "son" projet de réduction de TVA, claironné à grand renforts de médias nationaux, l'a commodément exonéré de toute responsabilité : "regardez, c'est pas moi, c'est la faute à Bruxelles".

Or la TVA constitue près de 50 % des ressources de l'état français, dans une période ou justement, les ressources se font rares. Le "projet" n'était rien d'autre que de la démagogie cynique, mise en scène au niveau national, destinée d'avance à faire long feu sur l'excuse du véto européen.

il en va de même de ses rodomontades répétées sur les taux d'intérêt de l'Euro, sans lequel, soit dit en passant notre essence couterait deux fois plus cher.

Nous voila revenus à l'Europe "intergouvernementale" de Briand et Stressman, celle des beaux sentiments, des discours fleuves, et des déclarations d'amitié éternelles...

...qui se sont dégonflées sur la grande crise de 29, avec dix ans plus tard l'issue que l'on connait.

Les européens ne peuvent plus rejouer toujours la même tragi-comédie, encore et encore,à moins de souhaiter une autre issue dramatique.

Vous direz que c'est exagéré ? Que tout cela est révolu ? Et pourtant, les même cause produisent les même effets: la paupérisation et l'agitation populiste déstabilise l'action politique, contraignant les gouvernements à la démagogie.

La guerre d'Espagne a fait place a la guerre de Yougoslavie, qui n'en finit plus de se désintégrer.

L'europe entière est de plus en plus 'un théâtre d'égoïsme nationaux ou régionaux.

Si les Européens ont vraiment tiré les leçons de l'histoire, il est urgent qu'ils le montrent, avant qu'il ne soit trop tard.

ils ont pour cela un atout de taille qui fait tout la différence avec les années 30 : une confédération déjà en voie de construction, avec un projet européen qui est sorti des chimères pour passer au premier plan des luttes politiques.

En ce début du XXI siècle, la dichotomie droite/gauche est en train de faire place très clairement à la dichotomie anti-européen/ pro-européen. Le déclin ou le sursaut.