Réseaux sociaux : Les péchés capitaux 2.0

Article publié le 3 septembre 2013
Article publié le 3 septembre 2013

Avec la démultiplication des réseaux sociaux, on passe de plus en plus de temps sur nos profils virtuels. À Facebook, qui occupait et compliquait déjà bien nos vies, se sont ajoutés Twitter, Instagram, Pinterest, … Et gérer nos profils (personnalités) multiples sur internet est presque devenu une activité à plein temps.

Assis devant ton écran, tu parfais ton image sur le Web. Savant équilibre de suppression de photos ratées et de mise en avant de vidéos branchées. Mais alors que tu crois présenter le meilleur de toi-même, insidieusement, les réseaux sociaux t’enlaidissent. Déjà, parce que tu n’exposes plus ton visage qu’à la lumière de ton écran, mais aussi parce qu’inconsciemment, tu succombes au péché.

La liste officielle des péchés capitaux aurait été établie en 1215, pendant le concile du Latran. Neuf siècles ont passé, les vices sont toujours les mêmes, mais oh joie du XXI°, on peut succomber aux 7 sans même sortir de chez soi.

L’enfer sur terre !

Orgueil : Facebook, vitrine de ta vie au format HTML

Ne cherchez plus les narcissiques dans leur salle de bain, ils ont trouvé un nouveau moyen de s’admirer. Les réseaux sociaux, Facebook en tête, se nourrissent de notre orgueil, source inépuisable de contenu. Amoureux de nous-mêmes, et en perpétuelle recherche de l’approbation d’autrui, on se met en scène comme on vendrait un objet. Nos outils promo : des photos de vacances sur les îles ou de la soirée de samedi (après avoir bien fait le tri), et un panel de consommateurs ayant testé le produit, notre liste d’amis.

Envie : Pinterest, le nouveau garant du bon goût légitime

C’est sûr qu’avec la conjoncture actuelle, on est pas près d’acheter la maison de nos rêves. Alors autant construire son appart idéal sur la toile. Pendant qu’on bave devant la déco d’un loft de Brooklyn, on crée un énième tableau avec les objets qu’on n’achètera jamais. Plus besoin d’attendre Noël pour rédiger sa wish list, avec Pinterest on peut rajouter tous les jours à son moodboard tout ce qui nous fait envie. Après tout ça tombe bien, parce qu’avec 847 amis Facebook, il en faut des idées de cadeaux !

Gourmandise : Instagram, top chef, c’est moi !

Le slim étant l’uniforme des années 2000, plus le droit de manger gras, salé, ou sucré. Du coup aujourd’hui la gourmandise, ça passe par la vue. Vous l’aurez remarqué, nos écrans sont envahis de photos de bouffe. Et ce, grâce à la magie Instagram. Avec Instagram, on est tous des photographes professionnels. Mais comme en vrai, on l’est pas, et qu’on n’a pas de mannequin à disposition dans le salon pour faire chauffer l’objectif, on prend en photo le contenu de son frigo. C’est ça, la gourmandise 2.0.

Colère :  Twitter et Youtube, les arènes des temps modernes

Ce sont de véritables rings de boxes. Les insultes volent, et tout le monde en prend pour son grade. Amateurs ou pros de la musique sur Youtube, politiques et autres figures publiques sur Twitter. Les esprits s’échauffent, les querelles prennent des ampleurs démesurée, les agresseurs deviennent les agressés… Twitter et Youtube sont devenus des outils privilégiés pour s’engueuler par écran interposé. Quand vous sentez la colère monter, ne cognez pas, twittez.

Luxure : Make Love Not Porn, cliquer n’est pas tromper

Plus facile de draguer planqué derrière son profil Facebook. Après les sites de rencontres pour célibataires, plus ou moins exigeants, et même ceux dédiés aux rendez-vous extraconjugaux, le sexe débarque sur les médias sociaux. Cindy Gallop a présenté son réseau social du sexe au dernier SXSW. Le but : échanger autour du sexe, à travers vidéos et commentaires. Quand on vous dit que les réseaux sociaux vont satisfaire tous vos désirs !

Avarice : Le temps c’est de l’argent

Entre mon moi Facebook, mon avatar Twitter, mon double Linkedin et ma personnalité Pinterest, j’ai déjà du monde à gérer. Pas étonnant de devenir aussi avare de son temps, et d’en consacrer donc moins aux autres. Plus de communication personnalisée. On affiche sur son statut les dernières nouvelles, réponde qui voudra. Enfin… espérons que deux trois personnes en prennent le temps, parce qu’on sait à quel point un post sans réponse, ça peut faire con.

Paresse : Tous ensemble contre la productivité !

S’il y a bien un vice que nourrissent les réseaux sociaux, c’est la paresse. Facebook, Vimeo, Youtube,… sont les royaumes de la procrastination, les temples de la glande. Une page nous entraîne vers une autre, à peine une vidéo visionnée, on nous en propose douze nouvelles. Le fameux « si vous aimez ceci, vous aimerez aussi cela » rend notre parcours sur le Web interminable, et notre chemin vers le travail de plus en plus semé d’embuches.

C’est pour de faux

Qui réunirait 500 personnes chez lui pour annoncer qu’il a chopé un coup de soleil ? Qui insulterait quelqu’un face à face aussi violemment que sur Youtube ? Internet semble désinhiber nos personnalités. Comme tout est virtuel, on a le sentiment que ce qu’on dit n’a pas vraiment d’importance. Se laisser aller sur la toile, ça semble sans conséquences. Alors on y va franchement. Comme dans un jeu vidéo, on tire à bout portant sur l’autre sans réfléchir. Sauf que là, l’ennemi est bien réel. Et des exemples de polémiques, licenciements, harcèlements, nés de commentaires sur Twitter ou Facebook, il y en a énormément. Jeux vidéos, réseaux sociaux, même topo : à consommer avec modération.