Religion et laicité: le débat est ouvert 

Article publié le 2 février 2016
Article publié le 2 février 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les deux journées de conférences et de débats sur la religion à Bruxelles, organisées par le journal Le Soir, ont donné l'opportunité aux bruxellois de réfléchir aux grandes problématiques liées à la foi et à la laicité dans un contexte de montée du radicalisme. La capitale, comme l'Europe toute entière, doit trouver un équilibre entre le respect de la croyance de ses citoyens et la laïcité.

"Le compromis. C'est ça l'essence même du debat et de la Belgique". Une femme âgée, qui attend en file pour un café, résume comme ça la discussion juste terminé dans le Studio 4. Nous sommes au théatre Flagey, ou Le Soir et la RTBF ont organisé les deux jours de debats et conferences "La religion dans la Cité". La dame m'aide a reflechir. Dans un pays qui experimente toujours l'équilibre entre francophones et flamands, l'effort de chercher un compromis pour une cohabitation civile et democratique appairait la seul solution possible. Premiere doute: cette division à la manière de Salomon, qui offre encore beaucoup de tensions au niveau politique, peut-elle être une solution dans le discours religieux?

On va a enrouler le fil pour mieux comprendre. Le rapport 2014 publié par l'Observatoire sur les religions et la laicité met en lumiere la multiplication des cultes sur le territoire belge et surtout dans la region Bruxelloise. Le besoin de croire est diffus surtout dans les communautés africaines et d'amérique latine. La Belgique reconnait seulement six religions officielles sur son territoire, mais si on marche sur la rue, surtout dans quartiers comme Anderlecht, Saint-Gilles et Molenbeek, il ne pas difficile découvrir une galaxie de lieux de cultes cachés. Ces endroits de culte, pas reconnus officiellement, sont capable de créer un sens de communauté trés fort. La division manichéenne, qui veut voir une opposition musulman-catholique, s'emplifie un peu trop le terrain, où le divin est protagoniste.

Est aussi vrai que, à partir du 2011, les discours sur l'islam joue un rôle de premier plan. Comme le montrent les statistiques exposées à Flagey, l'islam est devenu protagoniste absolu sur le journaux et les magazines francophones. Et suivant la religion des musulmanes est mis en connexion avec mots comme attentats, peur, radicalisation. Selon Hervé Hasquin Hasquin, président de l’Université libre de Bruxelles et 'fervent anticlericale', la radicalisation est plus evident dans le monde musulman, mais aujourd'hui il y a une 'tendance integraliste qui traverse toutes les religions'. Il manque pas des extremistes catholiques, des intransigeants evangeliques, plutot que des juifs intolérants. Et existe aussi le risque de transformer la laicité en une autre religion, qui nie la possibilité a ses citoyennes de croire et d'exprimer sa spiritualité.

Spiritualité que, comme souligné par l'islamologue suisse d’origine égyptienne Tariq Ramadan, ne peux pas être confiné dans la sphère privé. Il serait reductif et trompeur. En fait, les religions s'occupent suivant de regler les relations sociaux, le rapports familials, ils offrent une moral (et des normes) en ce qui concerne le mode de vie, de se marrier, de gerer la mort comme la naissance. Par Ramadan, le confine est donc signé par le dogmatisme. Relativiser la parole de dieu, et ne la vivre pas comme une verité indubitable, est la seul attitude possible pour accepter les autres et des regles de cohabitation communes a tous, croyantes ou non. Si les religions risque d'envahir la sphere public, selon l'activiste 'radicalment laique' Nadia Gaerts, l'Etat est réclamé à réglementer l'espace de liberté avec sa neutralité. Mais, pour se definir 'neutrale', est-il suffisant interdire aux femmes le voile integrale dans les administrations publiques, comme imposé en Belgique a partir du 2011? Dans le monde francophone, comme souligné par Ramadan, les discours cache suivante sur questions comme le voile ou les interdictions à la table. Les symboles, comme d'habitude, génèrent discussions plus fort que les données.

À propos de données, en terme de financement public, l'Eglise catholique jeux encore un role dominant, avec plus de cent mille euro destiné a ses activités en Belgique. Institutions musulmanes, evangeliques, anglicans et juifs reçoivent une partie minoritarie de cettes aides. Un systeme qui révèle la faiblesse de l'Etat plutôt que sa neutralité. Dans ce cadre, on oublie pas que plus de 80.000 euro sont destiné aux associations laiques. Une circonstance unique au niveau européen. Comme rappelle le president du Centre d'Action Laique Henri Bartholomeeusen, 'laicité signifie emancipation: elle permet aux personnes de choisir en autonomie qui ils sont'.

Qui nous sommes probablement n'est pas ecrit dans aucun livre sacre, plutot dans notre memoire. Aprés la deuxieme guerre mondiale, comme signale l'anthropologue du droit Marie-Claire Foblets, la plus part des Europeennes ont absorbé une memoire diffuse: en face de les orreurs de la guerre et de l'intolerance, les dogmes politiques et religieux ont perdu leurs force. Aujourd'hui, cette memoire risque d'être un peux trop diluit.