Réfugiés à Idomeni : si proches et pourtant si loin

Article publié le 27 avril 2016
Article publié le 27 avril 2016

[OPINION] Idomeni est un petit village frontalier, entre la Grèce et la Macédoine. Centre de transit des migrants de la route des Balkans, ce village anonyme et tranquille est devenu depuis un immense camp informel composé de tentes.

Le rythme de la vie tranquille, typique des zones rurales, a été perturbé par l’activité frénétique du transit des migrants. Et depuis la fermeture des frontières décidée par les pays des Balkans, la vie est sédentaire et se caractérise par les difficultés, l’insécurité et l’attente.

Plus de 10 000 hommes, femmes et enfants campent entre déchets, tentes, feux de camp et cabanes en attendant que les gouvernements et les institutions européennes trouvent une solution qui leur permettraient enfin d’être à l’abri de la guerre et de la misère.

La majorité vient de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan et du Kurdistan. Des femmes et des hommes qui fuient les pays en guerre et l'extrême pauvreté, et qui, une fois arrivés en Europe, sont repoussés et contraints de vivre dans des conditions de vie très difficiles.

C’est un cri silencieux qui est poussé depuis Idomeni - petit village frontalier situé entre la Grèce et la Macédoine - et que désormais le monde entend. C’est un cri silencieux et puissant, qui demande justice et accueil, mais ne reçoit comme réponse qu’indifférence, peur, et frontières.

Paradoxe troublant, car Idomeni c’est déjà l'Europe, et la Grèce, l'un des berceaux de la civilisation européenne. Il est incroyable qu’en 2016, ceux qui fuient la guerre en arrivant en Europe, ne soient pas bien accueillis, mais subissent le rejet. Vue d’Idomeni, l'Europe à la forme d'un continent plein de divisions, de ressentiments, de craintes et d’égoïsme. La situation à la frontière gréco-macédonienne, comme dans d'autres camps dispersés en Grèce, est préoccupante. Elle est encore plus scandaleuse lorsqu’on la regarde à travers les yeux d’un enfant. 

40% des habitants d’Idomeni sont mineurs. Eux aussi sont exposés à une vie précaire et complexe. Cela réconforte de voir que, malgré les difficultés, les enfants peuvent, sans doute plus que les adultes, se nourrir d'espoir, de jeux et de rêves. Leur volonté de vivre et d'imaginer un avenir différent émergera de cet environnement dégradé et de l’égoïsme des pays européens.

À l’heure actuelle, Idomeni, pourtant situé au cœur de l'Europe, semble si loin... Ces derniers mois, de nombreux activistes et bénévoles ont tenté de réduire la distance en distribuant de l’aide, des vêtements, de la nourriture. En organisant des activités pour les enfants, en apportant des soins médicaux. Il existe de nombreuses activités bénévoles à Idomeni qui sont le fruit du travail de citoyens du monde entier. C’est une expérience de solidarité très intense, parfois émouvante, qui nous donne l'espoir et la confiance suffisante pour affirmer que les femmes et les hommes d’Idomeni ne sont pas seuls. Et qu’une Europe ouverte, accueillante et solidaire n’est pas une utopie.