Réforme institutionnelle : "Nous ne devons pas quitter Bruxelles avant d’être tombés d’accord"

Article publié le 19 juin 2007
Article publié le 19 juin 2007
Strasbourg, Parlement européen. A 48 heures du début du Conseil européen (réunion des chefs d’Etats des membres de l’Union européenne), le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a exprimé à Strasbourg sa volonté de voir les 27 aboutir à un accord indispensable pour sortir de la crise institutionnelle.
C’est devant une salle de presse comble que José Manuel Barroso a fait de la capacité d’agir de l’Union européenne l’argument principal qui devra pousser les chefs d’Etat à aboutir à un accord en fin de semaine à Bruxelles.

« Personne ne veut construire un super Etat qui prenne la place des Etats membres. L’Union européenne existe pour et par les Etats membres, pour et par les citoyens. »

Pragmatique, le président de la Commission a préféré parler de traité réformé pour une « Europe efficace » que de Constitution. José Manuel Barroso a voulu faire de la crédibilité de l’Union européenne l’enjeu majeur de la négociation : « Comment peut-on prétendre que l’Union européenne agisse en matière de développement durable, d’emploi, si nous ne sommes pas capables de nous mettre d’accord entre nous » s’est-il interrogé.

« Le but de la réforme institutionnelle est de nous améliorer tout en ne perdant pas nos acquis. »

Tout en s’interdisant de fixer dès aujourd’hui des « lignes rouges » à ne pas franchir -méthode contre productive selon lui à la veille des négociations-, le président de la Commission européenne a réaffirmé que l’objectif du Conseil européen était de simplifier le fonctionnement de l’Union européenne et non pas de le compliquer. José Manuel Barroso a cependant exprimé son désaccord à la mise en place de clauses de dérogation pour certains pays. L’Europe à la carte, selon lui, met en danger l’Union européenne qui est une entreprise commune. De la même manière, la mise en place d’un président du Conseil sans ministre des affaires étrangères, constituerait une menace importante pour l’équilibre des institutions.

« La négociation sera ardue, sévère. Tous les partenaires doivent œuvrer de concert. »

Si la tonalité générale des propos de José Manuel Barroso fut optimiste, puisqu’il ne pense pas qu’un pays vienne à Bruxelles avec l’intention de bloquer les négociations, le président de la Commission européenne n’a pas nié que des difficultés pourraient apparaître. Il a cependant contre-balancé cette analyse lucide par un appel lancé aux chefs d’Etats : « soyons constructifs ». Il ne désire pas la réouverture du débat sur la procédure de vote qui risquerait de rompre un équilibre précaire nécessaire au compromis, et demande aux Etats membres de ne pas revenir sur cette question.

A la veille d’une négociation attendue depuis l’échec du traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas, il semblerait que la question essentielle ne soit plus de savoir si les 27 arriveront à un compromis mais plutôt quel en sera le prix.

Jean-Baptiste Mathieu, Géraldine Canet