Référendum: les banlieues votent non...

Article publié le 18 juin 2008
Publié par la communauté
Article publié le 18 juin 2008
...a la France. Pour certains, voter devient un acte de protestation. Concernant les référendum sur l'intégration Européenne, cela semble devenir une constante. il en est d'autre à qui on ne demande même pas de voter. Leurs bulletins: des cocktails molotov.

Lors de "émeutes" de 2005, les "jeunes des banlieues" brulent ce qui était censé leur assurer une vie meilleure : l'école du coin, le centre social du quartier ou la supérette encouragée par les pouvoirs publics locaux.

Sacrilège ! s'exclament les responsables politiques conservateurs.

Comment peut-on être si "sauvage" au point de saborder les services publics que leur apporte la République ?

Croyez vous "qu'ailleurs" on vous prodigue autant de largesse ?

Mais enfin ! s'exaspère la gauche compatissante...

Est-ce là une manière utile, et une manière tout court de protester ?

D'ailleurs quel est le message ? que voulez vous, que proposez vous de concret, à part la destruction ?

Rien.

Ces jeunes "issus de l'immigration" se sentent si exclus par une République Française qu'ils perçoivent comme lointaine, abstraite, indifférente, qu'ils ne conçoivent pas l'action autrement que par une révolte brute destinée à "tout casser"

Paradoxe : ils exècrent la france en étant de facto français, et détruisent l'environnement dans lequel ils doivent continuer à vivre. De toute façon, ils savent bien que les écoles seront reconstruites. Et d'ailleurs qu'importe...

Pour vous, cher et improbable lecteur, tout cela semble évident.

La politique que mène la france est une chose, ses institutions en sont une autre, vous dites vous.

il vous semble que ce n'est pas en affaiblissant le régime, voire en détruisant la france...que les français y gagneront.

il faut faire de la politique pour changer les choses. A moins d'être un adepte du survivalisme, avec une réserve conséquente de munitions et d'armement ( n'oubliez pas l'ouvre boite pour les boites de conserve), tout cela va de soit.

Et pourtant, la logique des "sauvageons" est bien exactement la même qu'ont suivit des millions d'électeurs français (notamment) consulté sur l'Europe.

Dans leur insatisfaction, ils s'en sont donné à cœur joie contre cette Europe "lointaine", abstraite, "indifférente" avec la volonté de casser "cette l'Europe des technocrates" honnie...se tirant joyeusement une balle dans le pied, tout en pensant que de tout façon, les choses continuerons bien de tourner.

Même avec des intentions apparemment plus nobles, et un erzatz de rhétorique politique (une "autre Europe"), le malentendu tragique n'en est que plus patent.

On demande aux électeurs de se prononcer pour la construction d'institutions permettant à l'Europe de fonctionner à l'unisson. Et ils se prononcent, dans le meilleur des cas, sur tout autre chose : la politique menée actuellement par les pays membres qui la compose.

Or cela n'a absolument rien a voir.

Tout comme les jeunes des banlieue brulant l'école de leur quartier et la voiture de leur voisin de pallier, les électeurs européens foutent le feu à leur porte-monnaie et à leur avenir.

Tout comme les jeunes des cités ne voulant plus différencier leur pays, la France, d'avec sa politique et sa ploutocratie, les européens ne savent plus différencier leur maison, l'Europe en chantier, d'avec la politique menée par les états membres, dont le leur.

L'Europe n'est encore qu'une construction fragile, le dernier mot revient encore aux États. Rien ne se fait sans leur accord.

Vous n'êtes pas satisfait ?

Prenez vous donc en d'abord aux premiers responsables: les technocrates de votre pays, beaucoup plus nombreux et puissants que ceux de l'UE

Ou mieux encore , faites de la politique pour améliorer les choses en Europe.

Mais pour faire de la politique , il faut d'abord des institutions qui fonctionnent...%%

On en revient toujours là: les institutions européennes ne seront pas parfaites, mais elles seront meilleures.

imaginez que les jeunes de banlieue abandonnent les émeutes et rentrent massivement en politique française... Mais si c'est là ce que l'on voudrait, il faudrait déjà que leur ainés et électeurs responsables montrent l'exemple et sachent faire preuve de discernement.

Dans le cas contraire, ils feraient tout aussi bien de bruler les poubelles de leur quartier.