Référendum en Roumanie : Băsescu sauvé à tous les coups

Article publié le 30 juillet 2012
Article publié le 30 juillet 2012
En Roumanie, le référendum du gouvernement sur la destitution du président Traian Băsescu dimanche a échoué en raison d'une participation électorale insuffisante. Selon la commission électorale, à peine 46% seulement des quelque 18 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes.
Toutefois, Băsescu ne peut considérer ce résultat comme une victoire, estiment les analystes, qui demandent qu'une chance soit donnée à de nouveaux politiques plus crédibles.

Dilema Veche - Roumanie : Un vote pour une vie politique respectant les règles de la démocratie.

Selon les informations de la commission électorale, environ 46% des Roumains ont participé au référendum. Le quorum nécessaire ne serait donc pas atteint, et Băsescu pourrait conserver son poste. Toutefois, le problème ces dernières semaines n'est pas Băsescu, mais la culture politique du pays, estime l'hebdomadaire Dilema Veche : « Traian Băsescu ne savait pas comment il devait se comporter à son poste de président. Et pourtant, il n'y a pas eu de preuve qu'il aurait gravement enfreint la Constitution. En revanche, le gouvernement et la majorité des parlementaires ont quant à eux violé les principes de l'Etat de droit. … Ce référendum n'était pas un vote pour ou contre Băsescu mais une décision pour ou contre une vie respectant les règles de la démocratie. Quel que soit le résultat final, il est certain que nous avons besoin de nouveaux politiques qui respectent les institutions. Mais ils se font encore attendre. D'ici là, la crise se poursuivra et nous nous perdrons en grandes conjectures au lieu de voir les faits : nous avons un problème avec notre culture politique. »

(Article publié le 30.07.2012)

Deutsche Welle - Allemagne : Băsescu maintenu, la crise politique continue

Le chef de l'Etat roumain conservera vraisemblablement son poste parce qu'un nombre insuffisant d'électeurs a participé au référendum sur sa destitution. Mais 80% environ des votants se sont exprimés contre Băsescu. Celui-ci devrait ouvrir la voie à des élections présidentielles anticipées, estime Robert Schwarz sur le portail en ligne de la Deutsche Welle : « L'ancien chef de l'Etat retrouve son palais, mais contrairement au référendum de 2007, son pouvoir est affaibli. Une collaboration avec le gouvernement social-libéral est pratiquement impossible. … Une poursuite de la crise politique entraînerait la Roumanie dans un dangereux tourbillon, dont même le vieux loup de mer Băsescu ne pourrait sortir. … Pour que le pays puisse naviguer de nouveau en eaux calmes, il ne reste pratiquement plus à Băsescu qu'une seule possibilité : démissionner victorieux et céder la place à des élections présidentielles anticipées à l'automne 2012, en même temps que les élections législatives prévues. Il est grand temps que les vieux clans politiques de la Roumanie s'en aillent. … Une vraie chance doit être données aux politiques jeunes et crédibles, pour que la démocratie et les valeurs européennes continuent d'exister après la comédie absurde de cet été. »

(Article publié le 30.07.2012)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse : Băsescu : le pire, à l'exception de tous les autres

Avant le référendum, le président Traian Băsescu avait appelé les Roumains à boycotter le scrutin. Le fait que cette manœuvre porte ses fruits et que la participation reste inférieure aux 50% requis ne peut toutefois pas être considéré comme un plébiscite en faveur du chef de l'Etat encore en poste, estime le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : « Si Băsescu devait garder ses fonctions grâce à l'échec du référendum, il ne pourrait toutefois pas considérer cela comme une victoire personnelle. Une grande partie de la population se trouvait face à un dilemme : se positionner en faveur du chef de l'Etat, qui a pratiquement perdu tout son crédit, ou suivre la requête d'un gouvernement qui a nui pour longtemps à l'image du pays à l'étranger en quelques semaines seulement. Pour beaucoup, il ne restait qu'à décider lequel était le moindre mal. »

(Article publié le 30.07.2012)

Corriere della Sera - Italie : la Roumanie fait tâche d'huile dans l'UE

La lutte de pouvoir entre le gouvernement et le président nuit gravement à la Roumanie, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : « La crédibilité démocratique de la Roumanie a souffert. … Bucarest vit l'une des crises institutionnelles les plus sévères depuis la chute de la dictature de Ceauşescu en 1989. Elle aura des répercussions durables pour la stabilité politique et économique du pays. Cette crise arrive à un moment où le pays s'efforce d'obtenir des crédits d'urgence supplémentaires auprès du Fonds monétaire international. Mais une nation qui méprise les règles démocratiques peut vite se retrouver dans un no man's land, exclue de l'UE et fuie par les investisseurs internationaux. Si l'on observe la Hongrie voisine, où Viktor Orbán est de plus en plus intolérant envers les institutions démocratiques, on constate clairement que l'élargissement à l'Est de l'UE a laissé de nombreux problèmes irrésolus. »

(Article publié le 30.07.2012)

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