Référendum : 57% des Italiens disent « Addio » à Berlusconi et au nucléaire

Article publié le 14 juin 2011
Article publié le 14 juin 2011
Une écrasante majorité d'Italiens ont rejeté par référendum le retour à l'énergie nucléaire. Si le Premier ministre Silvio Berlusconi est affaibli par les scandales et les accusations de corruption, l'opposition n'en profite pas vraiment, selon la presse.

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne : Berlusconi est lâché

Après le décompte de 80 pour cent des voix, 94,5 pour cent des Italiens se sont prononcés contre les projets du gouvernement de relancer le programme nucléaire. Le Premier ministre Silvio Berlusconi a perdu ses instincts politiques, en conclut le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Les citoyens ne l'ont pas suivi quand il a essayé de les persuader qu'ils seraient mieux lotis avec lui et ses décrets qu'en exprimant leur volonté dans les urnes. Avant même la fermeture des bureaux de vote bien remplis, à sa grande déception, le Premier ministre a reconnu lundi que l'Italie dirait 'Addio' au nucléaire. Mais l'intégration de l'Italie dans une zone dénuée de nucléaire courant désormais de Naples à Copenhague, vers laquelle même Nicolas Sarkozy ne pourra plus exporter ses centrales nucléaires, constitue pour Berlusconi la partie facile de la vérité. L'opposition n'exagère pas quand elle déclare que la plupart des Italiens ont surtout voulu dire adieu à Berlusconi. Il ne lui reste désormais qu'à trouver quelqu'un qui fasse un meilleur travail. »

(Article publié le 14.06.2011)

Il Sole 24 Ore - Italie : L’opposition ne sait pas où aller

Ce vote est une lourde défaite pour le Premier ministre Berlusconi mais il n'y a pas de vainqueur, commente le journal économique Il Sole 24 Ore : « Secs et brutaux dans leur dualisme oui - non, les référendums constituent la solution la plus simple pour remédier à des situations complexes. Dans ce cas, il a servi à mettre le feu aux poudres. Une politique sclérosée sur fond d'économie à l'arrêt, un gouvernement bloqué et de fait immobile. … Un président du Conseil trop affaibli par ses erreurs privées et publiques pour pouvoir exercer un leadership efficace, et qui surtout n'est plus en phase avec le pays, après 17 longues années pendant lesquelles une bonne partie des Italiens s'est laissée impressionner par sa gestion charismatique. … Le problème, c'est que même les autres ne savent pas dans quelle direction aller. Un vide est en train de s'ouvrir dans la politique italienne et on ne sait pas encore vraiment qui pourra le remplir, ni de quelle manière. »

(Article publié14.06.2011)

Tages-Anzeiger - Suisse : Les Italiens veulent retrouver un vrai gouvernement

Lors du référendum de dimanche et lundi, les Italiens ont opposé un rejet clair du Premier ministre Berlusconi mais aussi de ses scandales, estime le quotidien Tages-Anzeiger : « Bien sûr, le résultat du référendum n'est pas seulement un vote contre Berlusconi. Le scepticisme à l'encontre du nucléaire et de la privatisation de l'approvisionnement en eau est également largement répandu chez les partisans du gouvernement. Le taux de participation important et le résultat élevé presque unanime ne peuvent amener qu'à une seule conclusion : une majorité croissante d'Italiens en a assez de Berlusconi, de ses frasques et de sa politique. Ils veulent enfin retrouver un gouvernement qui mette en place des réformes importantes et qui fasse avancer le pays, dont l'économie stagne depuis dix ans. »

(Article publié le 14.06.2011)

El País - Espagne : Vers les énergies renouvelables

Le référendum contre les trois projets soutenus par le Premier ministre Silvio Berlusconi montre le fossé énorme qui le sépare du peuple, estime le quotidien de centre-gauche El País : « Le fait que le Premier ministre se soit engagé pour le nucléaire a été déterminant dans la décision des Italiens. Le dirigeant, en perte d'influence, a été le plus mauvais promoteur qui soit d'une cause de nouveau controversée après Fukushima. Les deux autres rejets, qui se rapportaient à la régie de l'eau (et à une clause préservant les politiques de comparaître au tribunal) constituent également une défaite pour le gouvernement. Chaque fois que Berlusconi parle de privatisation, les Italiens comprennent qu'il ouvre un nouveau domaine à la corruption. Outre le message politique clair du référendum, les Italiens se sont prononcés pour les énergies renouvelables. »

(Article publié le14.06.2011)

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