Réchauffement climatique: les dirigeants mondiaux brassent de l'air à Copenhague et à Vienne

Article publié le 9 mars 2010
Article publié le 9 mars 2010
Article de Daniel Speich Traduit de l'anglais par Perrine Recours Le 18 Décembre 2009, le Bella Center - le plus grand centre de conférences de Copenhague, à seulement 10 minutes en voiture de l'aéroport de la capitale danoise - a finalement fermé ses portes.
Les discussions sur le réchauffement climatique venaient de s'achever et les représentants des pays participant à la 15ème Conférence des Parties (COP), connue sous l'appellation de “Conférence de l'Organisation des Nations Unies sur les changements climatiques”, s'en allaient.

Les visages déçus en disent plus long que la déclaration finale des dirigeants mondiaux: les grands pollueurs, l'Europe, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, ne sont pas parvenus à s'accorder sur une feuille de route mondiale pour la réduction des gaz à effet de serre (GES), en particulier de CO2 et de méthane. De toute évidence, les intérêts nationaux ont pris le dessus. Toutefois, le Guardian souligne également certains aspects positifs : alors qu'aucun engagement contraignant de réduction des émissions n'a été pris, les représentants nationaux se sont mis d'accord sur la création d'un fonds pour aider les pays pauvres à s'adapter à la menace du changement climatique. Ce fonds s'élèvera d'abord à 30 milliards de dollars par an, somme qui atteindra 100 milliards de dollars en 2020.

Comme aucun nouvel accord n'a été conclu à Copenhague l'année dernière, le Protocole de Kyoto, adopté en 1997 et entré en vigueur en 2005, définit encore les règles de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Les pays industrialisés ont accepté de réduire leurs émissions de 5,2% du niveau de 1990 d'ici 2012. L'UE27, qui contribue à l'émission de 12% de GES dans le monde, est en conformité avec la réalisation des objectifs de Kyoto grâce au Système Communautaire d'Échanges de Quotas d'Émission de gaz à effet de serre (SCEQE), adopté en 2005. Ce système de plafonnement et d'échange de quotas d'émission permet aux producteurs d'énergie conventionnelle d'acheter des “certificats verts” auprès des producteurs à faible énergie de CO2, dans un marché boursier spécifique. Le SCEQE favorise essentiellement le développement des technologies vertes, mais espère également contribuer à la diminution globale des émissions de GES. En effet, l'UE est censée réduire les émissions de 13% par rapport au niveau de 1990 - toutefois, ce chiffre est basé sur un exercice d'auto-estimation réalisé par les États membres. Paradoxalement l'Autriche, qui se définit elle-même comme un fer de lance sur les questions environnementales, est clairement en retard sur la tendance européenne de réduction des émissions de GES. Le pays ne remplit pas les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto - en chiffres réels, les émission de gaz à effet de serre du pays ont augmenté de 12,9% par rapport au niveau de 1990. Selon le rapport 2009 de l'Agence Européenne pour l'environnement, les mesures appliquées par le gouvernement autrichien ne suffisent pas à atteindre les objectifs fixés pour 2012. Le journal autrichien justifie ce retard par le fait que d'autres États membres de l'UE ont dépensé une somme importante pour acheter des “certificats verts” afin d'atteindre leurs objectifs tandis que l'Autriche ne l'a pas fait. En outre, les compétences dans les domaines liés au changement climatique (comme la construction de bâtiments avec plus d'efficacité énergétique) sont réparties entre le niveau fédéral et le niveau local, ce qui ne facilite pas la mise en oeuvre d'une politique environnementale cohérente.

Die Presse

Il appartient maintenant au ministre autrichien de l'environnement, M. Nikolaus Berlakovich, de mettre en place des mesures dans le cadre d'une loi nationale de protection du climat: soit en réduisant davantage les gaz à effet de serre provenant de secteurs non directement couverts par le SCEQE, tels que l'agriculture, la gestion des déchets, le transport et le chauffage domestique, soit en bénéficiant des mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto.