RDC : l'opposition fait bloc derrière Moïse Katumbi

Article publié le 9 août 2017
Article publié le 9 août 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La République démocratique du Congo (RDC) connaît depuis 2015 des troubles inquiétants, en réponse à la répression violente exercée par son président illégitime Joseph Kabila. Moïse Katumbi, opposant politique populaire et alternative démocratique à Kabila, prépare néanmoins son retour.

« Deuxième homme le plus puissant en Rébulique du Congo », « personnalité de l’année 2015 » selon Jeune Afrique, Moïse Katumbi Chapwe accumule les superlatifs… et attise la rivalité de son principal opposant, Joseph Kabila. Un temps amis, les deux hommes sont désormais à couteaux tirés. Alors que le second est accusé de mettre la RDC à feu et à sang, le premier accumule les soutiens nationaux comme internationaux, dans le but de se présenter aux élections présidentielles qui s’annoncent. Son retour, longtemps promis, semble se profiler à l’aune des dernières violences à Kinshasa.

Opposition : une union sacrée autour de Moïse Katumbi

Les derniers développements de la crise ont vu se consolider une forme d’union sacrée, nationale et internationale, derrière Moïse Katumbi. Après un séminaire à Bruxelles du 3 au 5 août dernier où il a été adoubé par les cadres de l’opposition congolaise, le retour que M. Katumbi avait longtemps annoncé comme imminent semble se profiler. Le quotidien congolais le Potentiel a ainsi publié une « déclaration politique conjointe » du mouvement d’opposition Alternance pour la République (AR) et du « G7 », un groupe composé d’anciens membres du gouvernement ayant coupé les ponts avec la politique mortifère de Joseph Kabila. Ce manifeste à charge contre Joseph Kabila fustige sa gestion du pays, les assassinats politiques et les répressions, et appelle au retour de Moïse Katumbi dans les meilleures conditions possibles.

 Il en va de même pour la commission des Droits de l’homme de l’ONU qui a commandé aux autorités congolaises en juin de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue d'assurer que [Moïse Katumbi] puisse rentrer […] et participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, aux élections présidentielles prévues pour la fin 2017 ».  L’ancien gouverneur de la province congolaise du Katanga et président du club de football le « Tout Puissant Mazembe » sait qu’il est attendu dans un pays dont la contestation populaire n’a fait que grimper depuis le report des élections en 2015, et le non-respect des accords inclusifs de 2016 par un Joseph Kabila aux abois. Mais tout n’est pas si simple : Joseph Kabila sait qu’il peut compter sur un procès intenté à M. Katumbi pour des raisons obscures (l’ONU et les évêques catholiques du Congo évoquent « une mascarade judiciaire ») qui aurait pour conséquence son inéligibilité. Parallèlement, l’escalade de la violence ne semble pas connaître de fin en RDC.

Les massacres du Kasaï et les violences de Kinshasa

Joseph Kabila est bien conscient qu’il perd du terrain. Ses avoirs gelés par les Etats-Unis et les multiples condamnations de l’ONU à l’égard de sa politique vont dans ce sens.  Loin de s’avérer vaincu, le président illégitime semble persister dans la répression. Le comble de l’horreur a été atteint dans la province du Kasaï où, selon un rapport du Haut Commissariat de l’ONU, des massacres ethniques ont été commis depuis 2016 avec l’accord de Joseph Kabila. «Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus, et leur propre fuite, terrorisés. Ces bains de sang sont d’autant plus terrifiants que, selon les indications que nous avons recueillies, il semblerait que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur appartenance ethnique » détaille le rapporteur de l’ONU, médusé.

Même son de cloche à Kinshasa, où le président illégitime continue de faire régner la terreur.  Une journée ville-morte, organisée lundi pour réclamer le départ du président illégitime depuis le report inconstiutionnel des élections présidentielles, a été réprimée dans le sang. Douze personnes ont ainsi trouvé la mort dans la manifestation, selon les dires du porte-parole de la police nationale qui évoque, laconique, « des balles perdues ».

Joseph Kabila, sur la voie de la dictature ?

L’opposant Moïse Katumbi a condamné dans les termes les plus fermes les violences, et a également dénoncé une « stratégie » visant à « faire régner le chaos dans le pays afin d’instaurer l’état d’urgence et ainsi créer un environnement propice [  au] maintien illégal [de Joseph Kabila] au pouvoir ». Et M. Katumbi d’ajouter “Nous condamnons, avec la dernière énergie, cette stratégie criminelle. Elle révèle, pour ceux qui en doutaient encore, le vrai visage de Joseph Kabila qui sacrifie des vies d’innocents pour parvenir à son objectif de pouvoir à vie”. Une perspective funeste, qui semble se vérifier dans les actes de Joseph Kabila. Mis au rebut de la communauté internationale, celui-ci envisagerait déjà de se faire de nouveaux alliés dans la cour des dictateurs… à l’image de la Corée du Nord, que le président illégitime courtiserait désormais sans la moindre gêne.