Rapide histoire du couple franco-allemand et de ses rapports avec l'UE

Article publié le 4 février 2011
Article publié le 4 février 2011
Par Maxence Peniguet Un nouveau Conseil européen et une nouvelle fois la puissance franco-allemande semble dessiner l'avenir de l'Union européenne. Les raisons d'une telle amitié leader de l'UE peuvent paraitre simple pour les plus vieux, mais plus vaporeuses pour les plus jeunes - et plus incompréhensibles encore pour les habitants des 25 autres États membres.
Retour rapide sur cette grande histoire d'amour.

C'est historique, mon ami

Les faits de l'histoire : en moins d'un siècle, trois guerres dévastatrices ; la guerre franco-allemande de 1870 - 1871, la Première Guerre mondiale, et la Seconde Guerre mondiale. Tout cela ne pouvait plus durer, et pour mettre fin à toutes ces revanches et faire en sorte que la dernière soit réellement la der des ders, la France, l'Allemagne, le Benelux et l'Italie s'entendent pour créer, ensemble, la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Premier rapprochement entre gagnants et perdants, qui eu pour but de stimuler les échanges de matière première. Puis, rapidement, le traité de Rome, signé en 1957, créer les véritables prémices de l'Union européenne que l'on connait aujourd'hui, avec une coopération politique et économique au programme.

Encore une histoire de traité

Après ce rapprochement européen - motivé, donc, par la réconciliation franco-allemande, même si évidemment, le deux guerres mondiales ont aussi concerné, comme leur nom l'indique, plus que deux pays...-, la France et l'Allemagne ont signé le Traité de l'Élysée en 1963. Le premier couple est alors constitué de Konrad Adenauer et de Charles de Gaulle, qui commence alors un processus de coopération rapproché entre des universités et des villes. Les couples se succéderont au cours du temps, pour arriver finalement à la situation actuelle, l'histoire passionnée entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

Un gars, une fille

Ces deux là ne se lâchent pas. Ils ont ce lourd héritage de moteur de la construction européenne sur le dos, et veulent transmettre la même chose à leur descendance politique. C'est ainsi qu'après la crise Grecque de l'année dernière - et avant ça, avec la mise en place du traité de Lisbonne -, les tourtereaux se démènent pour, tantôt, faire sortir l'UE de la débâcle, tantôt bloquer des processus qui pourraient s'avérer salvateurs. En octobre dernier, le couple avait décidé des instruments de sauvetage à adopter, comme un fond de soutient et un changement du traité de Lisbonne. Et lors du dernier Conseil européen de 2010, le couple avait refusé la mise en place d'eurobonds. Cette position de force s'explique aussi par la puissance que détient l'un et l'autre : La meilleur économie d'un côté, la meilleure diplomatie de l'autre. Une association de force qui semble impressionner les autres États membres de l'UE dans la prise des décisions au niveau intergouvernemental.

Pour un pacte de compétitivité

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont mis d'accord pour proposer - et non pas, imposer...- un pacte de compétitivité à toute la zone euro : plafonner la dette dans les Constitutions nationales, coordonner les coûts du travail, harmoniser l'impôt sur les sociètés, l'âge de départ à la retraite. Ils demandent à la famille de la zone euro de se réunir avant le mois de mars. Et ça repart.