Rafael Marques de Morais, un émissaire de Washington ?

Article publié le 26 août 2015
Article publié le 26 août 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le créateur du site MakaAngola.org, Rafael Marques de Morais, est un blogueur comme tant d’autres. Pourtant, son parcours, lui, n’est pas banal... De sa formation jusqu’à ses prises de positions récentes dans le débat public, plusieurs éléments accréditent la version selon laquelle il jouerait le rôle d’émissaire des intérêts américains.

De la Central Intelligence Agency (CIA) au National Endowment for Democracy (NED)…

Depuis le début de la guerre d’indépendance, et surtout dans un contexte de guerre froide, l’Angola est devenue une zone d’affrontement emblématique entre l’Est et l’Ouest.

De nos jours, on recense d’ailleurs de multiples témoignages qui établissent l’existence de programmes de déstabilisation, qui sont ou ont été orchestrés par la CIA. D’anciens cadres de l’agence de renseignement, comme l’officier Philip Agee ou l’officier John R. Stockwell, ne laissent aucune ambiguïté sur la nature des ingérences américaines.

Exposés aux critiques, les hommes de Langley se dissimulent désormais derrière le « paravent » du National Endowment for Democracy. Avec cette fondation bipartisane, les agents de Washington peuvent donc continuer de financer les contestations politiques dans les pays étrangers en toute légalité.

En Russie cependant, le Parquet Général en a décidé autrement, en estimant que les activités de la structure étaient « menaçantes pour les fondements du système constitutionnel ».

Rafael Marques de Morais, fasciné par les Etats-Unis d’Amérique ?

A Luanda, le blogueur Rafael Marques de Morais partage probablement les mêmes intentions… Sur le site MakaAngola.org, il diffuse des billets systématiquement critiques à l’égard de la politique d’indépendance nationale, ignorant par ailleurs des progrès important en terme de santé public et d'éducation.

Sans jamais reprocher aux groupes capitalistes américains de venir s’installer dans la région, il stigmatise tous les investissements chinois et conteste les évolutions de l’industrie diamantaire, qui échappe au contrôle des satellites de l’alliance transatlantique.

Mais si le monolithisme idéologique de ses argumentaires lui assure une certaine cohérence, il nuit en revanche considérablement à son objectivité. Formé au sein de la conservatrice Université John Hopkins, toujours grâce à des fonds du National Endowment for Democracy, il ne peut de toute manière pas se permettre de couper la main qui le nourrit.

Toujours proche de l’administration américaine et de la nébuleuse d’ONG occidentales, souvent financé par leurs gouvernements respectifs, Rafael Marques de Morais est, au grand dam des médias européens, un pion sur le grand échiquier.