Qui pédale à Bruxelles ? Conseils pratiques pour les deux roues en ville

Article publié le 22 février 2013
Article publié le 22 février 2013
Une mini-série consacrée à certaines villes européennes les plus peuplées a débuté à Bruxelles, regardée à travers les yeux de ceux qui la traversent en bicyclette.
Voici des conseils, des astuces, des suggestions et des adresses à avoir sur soi lorsqu’un pneu se dégonfle ou qu’il faut faire réparer un frein, afin de pouvoir vivre dans les métropoles d’Europe tout en se déplaçant de façon plus écologique. Et de ne pas manquer les prochains rendez-vous de Critical Mass en tournée dans le monde.

A deux pas de la triangulaire Place Londre entre le quartier coloré de Matongé et le quartier européen se trouve un bâtiment jaune : c’est la Maison des cyclistes, le siège de plusieurs associations pro-cyclistes bruxelloises. Éric Nicolas est le secrétaire de GRAQ, le groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens, une sorte de syndicat des cyclistes qui opère en Belgique depuis 1975 pour défendre les deux roues, sans moteur. Faisant partie des treize membres fondateurs de ECF (European cyclists’ Federation), le GRAQ prône plus de bicyclettes et moins de voitures et travaille depuis des années à atteindre cet objectif.

« Cela fait désormais 5 ans que nous avons réussi à obtenir dans toute la Belgique une indemnité de 22 centimes au kilomètres pour tous les employés qui vont travailler à vélo », m’explique Éric. « L’entreprise n’est pas obligée de respecter ‘l’indemnité vélo’, mais l’initiative est en train de se diffuser. » Éric peut s’appuyer sur des victoires comme la « conquête » du sens unique limité. Également adoptée par la France, cette mesure permet de circuler à vélo dans les deux sens de la marche sur une route à sens unique, à condition qu’elle soit large d’au moins trois mètres et que la vitesse maximum pour les automobilistes soit de 50 km/h.

En arrivant à Bruxelles le sentiment qui prédomine pour une Romaine comme moi est probablement la surprise de se trouver face à une imposante communauté de cyclistes, même si seulement 5% des déplacements sont effectués en deux roues. Ladite communauté espère atteindre seuil des 20%. La perspective ne semble pas si utopique que ça puisque chaque année le nombre de cyclistes augmente de 15% en ville. C’est en Flandre qu’on pédale le plus : dans des villes comme Anvers et Louvain on atteint 20, 25%. En WallonieCharleroi, Namur, Lièges -, on atteint en revanche seulement un maigre 0,5%. « Aux Pays Bas il y a environ 30, 35 % de cyclistes », précise Éric.

Bricolage des bicyclettes dans les ateliers vélos

Tandis qu’un peintre peint, on vend des produits à km zéro et on cultive des produits bios

A Bruxelles, réparer ou construire son vélo semble paradoxalement plus facile que de pédaler dans les interminables rues en côte de la ville qui ont probablement été pensées dans une vie antérieure. Au coeur du quartier Saint Gilles, au numéro 12 de l’Avenue Demeur se trouve l’atelier Papa Douala. Sam est de Pavie (province italienne, ndlr) mais fait des études de Sciences politiques à Bruxelles et passe son temps libre à l’atelier. Je le retrouve en train de s’affairer dans cette cyclo-officine d’exception : ce même espace réunit des bicyclettes, des plantes et des tableaux. En fait, tandis qu’un peintre peint, on vend des produits à km zéro et on cultive des produits bios. Et on paye le loyer du local tous ensemble. La cyclo-officine a vu le jour il y a environ deux ans, lorsqu’Éric commençait à réparer les vélos sur le trottoir face au local, elle a évolué petit à petit avec le temps en se remplissant d’outils et de supports pour bicyclettes. Cet espace fascinant est maintenant ouvert tous les mercredis après-midi, alimenté par les offres laissées par les cyclistes habitués.

L’arrière-cour du squat 123, un immeuble occupée dans la Rue Royale, accueille aussi un atelier vélos ouvert le mardi et le jeudi après-midi. Le concept de Cyclo au 85 Rue de Flandre est un peu différent : ici aussi on répare les vélos, mais il faut payer, même s’il s’agit de prix modérés. Le Cyclo s’occupe aussi de former des techniciens qualifiés pour qu’ils puissent travailler dans des Points Vélos, des espaces de réparation rapide se trouvant dans toutes les stations la ville. Co-financée conjointement par l’État Fédéral, la ville de Bruxelles, la SNCB et la Société Nationale des chemins de fers de Belgique, ce concept a obtenu le statut d’Initiative Locale pour le Développement de l’Emploi.

Les Vendredis Critical Mass

Afin de sensibiliser à l’utilisation des bicyclettes la Critical Mass entre en jeu : chaque dernier vendredi du mois il suffit de se rendre en vélo à la Porte de Namur pour l’habituel rendez-vous avec les autres cyclistes urbains. Éric m’explique que « l’idée de la Critical Mass est née de la volonté de voir une fois par mois les bicyclettes remplacer les automobilistes, afin de demander un peu de respect aux autres usagers de la route. Il y a eu une évolution positive, parce que si au début la Critical Mass agissait de façon agressive, elle laisse désormais place à des démonstrations, même à des moments de fête. Moi, j’y vais avec mes enfants ! » Comme dans les autres villes, à Bruxelles la Critical Mass est spontanée. Pas besoin de demander d’autorisation à la police et si elle opportune parfois certains automobilistes, elle est accueillie avec le sourire par les citadins qui croisent son chemin. Ici à Bruxelles, c’est l’association Place-O-Velo qui l’organise, elle réussit à attirer entre 50 à 150 participants cyclistes. Ce n’est pas un taux de participation très élevé, mais il est en augmentation à l’orée de la belle saison.

Cet article est le premier d'une mini-série consacrée aux villes européennes perçues par les cyclistes. La prochaine étape est Rome. Si vous avez également une expérience à raconter ou une ville à faire découvrir en deux roues, n'hésitez plus.

Photos : © Benedetta Michelangeli