Qu'est-ce que la Garantie pour la jeunesse ?

Article publié le 22 décembre 2014
Article publié le 22 décembre 2014

Après les crises financières qui ont profondément touchées l'Europe, le manque d'opportunités professionnelles pour les jeunes Européens à travers tout le continent a été une des conséquences sociales.

Entre 2007 et 2013, le chômage chez les Jeunes a atteint des niveaux records dans toute l'Europe, passant de 15,7% à 23,4%. En réaction à cette catastrophe sociale, la Commission Européenne a décidé de développer un nouveau programme – la Garantie Jeune – pour les Européens de moins de 25 ans. Cette initiative comprend le travail, l'apprentissage et le stage, ainsi que l'accès continu à l'éducation.

Café Babel a décidé d'interviewer António Polica qui a commencé à travailler sur la Garantie Jeune en 2009 lorsqu'il faisait parti du Forum italien de la Jeunesse (délégué à l'emploi et aux affaires sociales). Il nous expliqua plus en détails en quoi consistait ce programme. D'après lui la Garantie Jeune est une mesure technique qui vise à combattre sur le long terme le chômage chez les Jeunes et de prévenir le phénomène 'NEET' (NotinEducation,EmploymentnorTraining - Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) en offrant une nouvelle opportunité de travail ou de stage dans les quatre mois qui suivent la perte d'un emploi ou la fin des études (secondaires ou universitaires). Les bénéficiaires sont des jeunes gens âgés de moins de 25 ans. Monsieur Polica précisa que dans certains pays, comme l'Italie, la limite d'âge était étendu à 30 ans.

Une mise en œuvre réussie ?

Le budget est de 6 milliards d'euros. Toutefois les pays les plus touchés par la crise, comme l'Italie et l'Espagne, ont reçu la moitié du budget (soit environ 3 milliards d'euros). Seuls les pays avec un taux de chômage chez les Jeunes supérieur à 25% peuvent bénéficier des fonds du programme Garantie Jeune. Bien entendu la mise en place d'un programme aussi ambitieux rencontre quelques problèmes. António Polica a souligné que la Garantie Jeune avait besoin d'une approche holistique de la vie des jeunes gens afin d'être efficace. De plus la Garantie Jeune ne crée pas de nouveaux emplois même si elle développe les instructions pour une nouvelle approche de la croissance que Polica considère comme nécessaire afin de résoudre définitivement le problème du chômage chez les Jeunes, ainsi que le problème du chômage tout court.

Lorsque nous lui demandons quelle est l'efficacité du programme dans les différents pays, Polica nous dit que la mise en œuvre a été une réussite, comme en Finlande par exemple. Mais comme chaque pays est différent, la Garantie Jeune doit être mise en place en prenant en compte ces particularités. « Faire un copier-coller n'est pas suffisant » dit Polica.

Naturellement pour la mise en œuvre réussie du programme Garantie Jeune, il doit y avoir une forte coopération entre les différents acteurs afin d'assurer une qualité de service nécessaire aux bénéficiaires du programme. Ainsi les pays membres de l'UE développe en parallèle des projets nationaux basés sur la Garantie Jeune avec l'aide de la Commission Européenne. Si nous regardons la Finlande nous avons affaire à une réelle réussite. Après la mise en place du programme une enquête a montré qu'en 2011 82,5% des Jeunes cherchant un emploi avait réussi. Par exemple au Portugal, un pays fortement affaibli par la crise, le programme est appelé « Impulso Jovem » et a aidé beaucoup de jeunes étudiants dans leur recherche pour un premier emploi.

Les limites de la Garantie Jeune

Pourtant le programme a aussi des inconvénients et beaucoup de bénéficiaires se sont plaint des faibles allocations mensuelles ou encore du travail qui leur était donné, prétendant que ce n'était pas le meilleur moyen pour se préparer pour le monde du travail. Malgré que la mesure soit un partenariat avec les fonds européens, ce sont les pays qui doivent décider de la meilleure façon de mettre en œuvre le programme afin de permettre des résultats productifs et réussis. C'est un des problèmes majeurs de ce programme car beaucoup de pays européens semblent ignorer comment le mettre en place. Un autre facteur dissuasif est, bien entendu, la lourdeur administrative qui retarde et complexifie la procédure.

Texte originale relue par Danica Jorden