Quel est le montant de l'aide des pays de l'UE pour les pays en voie de développement?

Article publié le 21 novembre 2014
Article publié le 21 novembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le neuvième rapport de CONCORD AidWatch, « Aid beyond 2015 », a été dévoilé  à Paris le 20 novembre à l’OCDE.

Le rapport montre que malgré l’augmentation des aides humanitaires et des défis pour le développement, tels que lors de l’épidémie récente du virus Ebola en Afrique de l’Ouest, l’aide de l’UE sera loin d’atteindre la cible de 0.7% (du Revenu national brut) en 2015, avec un déficit de financement de 41 milliards d’euros. Seulement quatre pays européens atteignent les objectifs d’aide, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et le Luxembourg. Les budgets de l’aide utilisés pour couvrir les frais de l’immigration sont en augmentation.

L’aide augmente en 2013 mais pas assez pour les défis mondiaux

Malgré une augmentation modérée des budgets d’aide mondiaux en 2013, de nombreux pays de l’UE réduisent encore les budgets d’aide. L’aide mondiale pour les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique, devrait baisser de 5% d’ici 2016.

« Le calendrier des réductions de budget d’aide pour de nombreux pays européens ne pouvait pas être pire. Je suis satisfait que le Royaume-Uni inverse la tendance et qu’il ait atteint la cible de 0.7% d’aide en 2013, 2 ans avant la date limite de l’engagement. L’augmentation des urgences mondiales et des défis de développement poussent de nombreux pays au-delà de la limite, comme par exemple lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Une aide efficace obtenue par les personnes les plus démunies est comme une bouée de sauvetage, qui soutiendrait des services essentiels comme les soins de santé et le développement à long terme. » a déclaré Ben Jackson, directeur général de Bond,  le réseau ONG du Royaume-Uni.

Les budgets d’aide couvrent de plus en plus les coûts d’immigration

De nombreux pays de l’UE font pression pour que des dépenses intérieures, comme celles pour les réfugiés, soient prises en compte dans les chiffres d’aide officiels lors des négociations globales de l’OCDE. En 2013, les coûts des réfugiés ont représenté 1.7 milliard d’euros de l’aide bilatérale des pays de l’UE. Les coûts les plus importants ont été notés en Suède (514 millions d’euros), en France (372 millions), au Pays-Bas (274 millions), au Danemark (122 millions) et en Belgique (118 millions).

« Nous constatons une tendance inquiétante selon laquelle de plus en plus de pays comme la Suède financent les coûts d’immigration avec l’argent de leurs budgets d’aide. Il s’agit d’une partie vitale des dépenses publiques mais qui ne devrait pas être comptée comme une assistance officielle au développement. » a expliqué Peter Sorbom de Concord Sweden.

Des milliards perdus – comment l’UE surestime l’aide

L’aide devrait être un vrai transfert de ressources pour les pays en voie de développement, mais L’UE a gonflé son aide de 5.2 milliards d’euros en 2013. Presque 1 milliard d’euros vient d’une forme d’intérêts sur les prêts, ce qui veut dire que les pays bénéficiaires devraient rembourser plus.

« La France a reçu 239 millions d’euros d’intérêts des prêts pour les pays en développement en 2013. En même temps, les subventions  de l’aide française diminuent chaque année. Malheureusement, cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, » selon Jean-Louis Vielajus, président de Coordination SUD, le réseau français d’ONG.